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Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a alerté samedi sur l’existence de négociations portant sur des accords économiques entre les États-Unis et la Russie d’un montant total annoncé de 12 000 milliards de dollars, susceptibles d’avoir des répercussions directes sur l’Ukraine. Il a précisé que son pays enverrait la semaine prochaine une délégation aux États‑Unis pour entamer de nouvelles discussions.
Selon le président, des documents transmis par des services de renseignement définissent le cadre d’une coopération économique qualifiée de « paquet Dmitriev ». Ce plan, qui porte le nom de Kirill Dmitriev, dirigeant du fonds souverain russe et proche du pouvoir à Moscou, figure parmi les éléments évoqués lors des consultations préliminaires.
Zelensky a mis en garde que certaines des dispositions envisagées dans ces accords pourraient concerner l’Ukraine et a insisté sur le fait que Kiev n’appuierait aucune décision la concernant sans y être associée de manière pleine et entière. Dans la foulée, il a annoncé l’envoi d’un représentant ukrainien à Miami pour des pourparlers supervisés par des responsables américains.
Le « paquet Dmitriev » et ses grandes lignes
Le document évoqué par Kiev comprend, selon les éléments rendus publics, une série de propositions mêlant sécurité et coopération économique. Parmi les orientations signalées figurent plusieurs mesures structurantes.
- Une feuille de route en 28 points destinée à encadrer un cessez‑le‑feu et à établir des garanties économiques.
- Un dispositif de levée progressive des sanctions commerciales et financières contre la Russie.
- Des projets de développement économique à long terme liant, potentiellement, la Russie et l’Ukraine.
Ces propositions auraient été élaborées en coordination avec des intermédiaires occidentaux et russes, et incluraient des mécanismes visant à encourager la coopération bilatérale sur plusieurs décennies.
Négociations à Miami et calendrier espéré
Zelensky a confirmé avoir accepté la demande américaine d’envoyer une délégation à Miami la semaine prochaine pour entamer de nouvelles discussions avec la partie russe, sous la supervision de représentants des États‑Unis. Cette étape s’inscrit dans une dynamique diplomatique renouvelée visant à trouver des modalités de sortie du conflit.
Les autorités américaines auraient, par ailleurs, proposé un calendrier ambitieux visant à conclure les négociations avant le mois de juin, un délai qui, d’après Kiev, répond aux priorités politiques internes des États‑Unis. Le président ukrainien a reconnu que les échéances domestiques américaines — notamment les scrutins de mi‑mandat — influenceraient inévitablement le rythme et l’intensité de l’engagement américain.
Par ailleurs, des responsables américains et ukrainiens viseraient à parvenir à un accord d’ici mars, avec l’idée que des élections nationales et un référendum sur un éventuel accord de paix pourraient se tenir en mai. Ces calendriers restent toutefois conditionnés à de lourds arbitrages diplomatiques et sécuritaires.
Des pourparlers précédents et un climat de négociation fragile
Au cours des dernières semaines, des délégations américaines, ukrainiennes et russes se sont rencontrées à deux reprises à Abu Dhabi dans l’espoir de débloquer un processus de paix. Si ces échanges n’ont pas encore permis d’aboutir à des avancées substantielles, Kiev souligne une amélioration perceptible du ton et du contenu des discussions.
Malgré ces signes positifs, la perspective d’accords économiques massifs entre Washington et Moscou soulève des inquiétudes à Kiev sur la manière dont seraient pris en compte les intérêts ukrainiens. Zelensky a réaffirmé que l’Ukraine ne donnerait son aval à aucune mesure susceptible de compromettre sa souveraineté sans y jouer un rôle décisif.