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Zürich conserve ses actions de l’aéroport pour mieux gérer climat et bruit

par Sara
Suisse

La ville de Zurich se prépare à une décision cruciale le 18 mai concernant la gestion de sa participation dans l’aéroport de Zurich. La question porte sur le transfert de sa participation de 5 % dans la société Flughafen Zürich AG (FZAG) du patrimoine financier au patrimoine administratif, une mesure qui aurait un impact direct sur son pouvoir de décision en matière de climat et de bruit.

Passagers embarquant à l'aéroport de Zurich Kloten

Un choix stratégique pour la ville de Zurich

Les électeurs zurichois devront décider si cette participation, évaluée à environ 324 millions d’euros (334 millions de francs suisses), doit être intégrée au patrimoine administratif, ce qui signifie qu’elle serait considérée comme un actif destiné à remplir des missions d’intérêt public et ne pourrait pas être vendue aisément, contrairement à un actif financier classique.

Ce transfert est bien plus qu’une question comptable : il s’agit d’un choix politique de fond concernant l’avenir de l’engagement de Zurich dans son aéroport. Alors que les Verts et le groupe Alternatif Liste (AL) s’opposent à cette mesure, estimant que la participation au capital de l’aéroport contredit les objectifs climatiques de la ville, la majorité municipale défend ce maintien pour préserver une influence démocratique sur cette infrastructure essentielle.

Les opposants souhaitent voir les actions vendues, possiblement au canton, afin d’utiliser les recettes pour financer des projets écologiques tels que des pistes cyclables ou la construction de logements. Selon eux, cette vente enverrait un signal fort contre les investissements dans le trafic aérien, qu’ils jugent incompatible avec les objectifs climatiques de Zurich.

Un intérêt public et économique majeur

Il est indéniable que le trafic aérien génère des nuisances, notamment en termes de bruit et d’émissions de CO₂. Toutefois, le maintien de la participation de la ville s’appuie sur l’importance économique, sociale et stratégique de l’aéroport pour Zurich et sa région.

  • L’aéroport relie Zurich au monde entier.
  • Il crée des emplois locaux essentiels.
  • Il soutient l’économie, la recherche, le tourisme ainsi que la qualité de vie des habitants.

Au-delà de ces bénéfices, la possession d’un siège dans le conseil d’administration de l’aéroport garantit à Zurich un certain degré de contrôle démocratique, notamment sur des sujets sensibles comme la protection du climat et la lutte contre le bruit.

Maintenir une influence plutôt que céder du terrain

Certains critiquent l’influence limitée qu’offre une participation de 5 %, mais vendre les actions serait pire, selon les défenseurs de la position actuelle. Cela reviendrait à renoncer à un levier important sans aucune garantie de réduction des vols ou des émissions polluantes.

Un porte-parole du Parti socialiste a résumé la situation ainsi : « Si nous vendons les actions, cela ne fera pas décoller moins d’avions à Kloten ni réduire les émissions de CO₂. »

Fait notable, la gauche rouge-verte est divisée sur ce sujet, puisque le Parti socialiste soutient la maire Corine Mauch, membre du conseil d’administration de la FZAG, qui défend une approche pragmatique.

Les détracteurs doivent aussi se demander vers qui les actions pourraient être revendus. Il n’est pas exclu que des acteurs étrangers, potentiellement moins soumis à un contrôle démocratique rigoureux ou entachés d’une réputation controversée, puissent acquérir ces parts, ce qui soulève des inquiétudes quant à la gestion future de l’aéroport.

Des engagements à concrétiser

La maire Corine Mauch a assuré devant le parlement municipal que la ville veillerait à ce que la Flughafen Zürich AG poursuive « la meilleure protection possible de la population contre le bruit des avions » tout en poursuivant des objectifs climatiques, environnementaux et sociaux proches de ceux de Zurich.

Pour l’instant, ces engagements restent à matérialiser pleinement. Mauch et ses successeurs au conseil d’administration devront démontrer que la participation municipale est plus qu’un simple geste symbolique, contrairement aux critiques des Verts et d’AL qui la qualifient d’« exercice d’alibi ».

La ville pourrait également renforcer son influence en prônant une stratégie plus ambitieuse en matière de décarbonation et de protection contre le bruit. La municipalité a déjà exprimé son intention d’orienter la politique de l’actionnaire dans ce sens, par exemple en envisageant une régulation des créneaux de décollage pour les avions utilisant des carburants fossiles afin de réduire les émissions de CO₂.

Une coopération essentielle avec le canton

Pour obtenir de réels progrès dans la gestion du climat et du bruit, il sera indispensable que la ville s’allie avec le canton de Zurich, qui détient un tiers des parts de la FZAG. Ensemble, ils pourraient adopter une stratégie actionnariale cohérente favorable au développement durable, comme le demande notamment le WWF.

Un front uni au sein du conseil d’administration renforcerait la pression pour que l’aviation devienne climatiquement neutre et que la protection des riverains soit améliorée efficacement.

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source:https://www.tagesanzeiger.ch/abstimmung-18-mai-zuerich-soll-die-flughafen-aktien-behalten-875160373101

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