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Une chercheuse de l’université Stanford met en garde contre ce qu’elle qualifie de « colonialisme américain par l’intelligence artificielle », estimant que l’administration de Donald Trump pousse un projet destiné à transformer cette technologie émergente en un levier mondial de domination et d’étranglement politique, à l’instar des guerres commerciales menées ces dernières années. (Voir référence : https://www.aljazeera.net/encyclopedia/2016/6/6/%D8%A7%D9%84%D8%B0%D9%83%D8%A7%D8%A1-%D8%A7%D9%84%D8%A7%D8%B5%D8%B7%D9%86%D8%A7%D8%B9%D9%8A-%D8%AD%D9%8A%D9%86%D9%85%D8%A7-%D8%AA%D9%81%D9%83%D8%B1-%D8%A7%D9%84%D8%A2%D9%84%D8%A9).
Alarmes depuis Stanford
Mariett Shaky, membre de l’Institute for Human-Centered Artificial Intelligence et du Center for Internet & Society à Stanford, a publié un article dans le Financial Times où elle analyse les mécanismes de coercition économique devenus instruments de pouvoir politique.
Selon elle, les guerres commerciales initiées par l’administration Trump ont montré comment la dépendance économique peut être convertie en arme politique, via des mesures telles que les droits de douane et les sanctions. (Référence sur Donald Trump : https://www.aljazeera.net/encyclopedia/2015/8/26/%D8%AF%D9%88%D9%86%D8%A7%D9%84%D8%AF-%D8%AA%D8%B1%D9%85%D8%A8)
Les droits de douane et les sanctions imposés aux partenaires ont servi, d’après l’auteure, d’outils pressants pour obtenir des concessions politiques et économiques. (À propos des droits de douane : https://www.aljazeera.net/ebusiness/2016/8/31/%d9%85%d8%a7-%d9%87%d9%8a-%d8%a7%d9%84%d8%b1%d8%b3%d9%88%d9%85-%d8%a7%d9%84%d8%ac%d9%85%d8%b1%d9%83%d9%8a%d8%a9)
Un projet idéologique de domination technologique
L’auteure soutient que la « feuille de route américaine pour l’IA » dépasse la simple vision technologique : il s’agit d’un projet idéologique visant à accélérer le développement et l’adoption de l’intelligence artificielle aux États-Unis.
Le but affiché est double : capter les retombées économiques en faveur de Washington et empêcher l’émergence d’un modèle social et politique jugé incompatible par l’administration — notamment ce qu’elle désigne par le concept de « woke ».
Remettant en cause la neutralité supposée de la technologie, Shaky estime que confier la maîtrise de ces outils à une seule puissance pourrait ouvrir la voie à une nouvelle forme de contrôle global.
Opacité des systèmes et dépendances fragiles
La dangerosité de l’adoption massive de systèmes d’IA américains tient aussi à leur opacité : ces algorithmes fonctionnent souvent comme des « boîtes noires », difficiles à comprendre et à auditer.
Cette opacité crée des dépendances uniques et vulnérables dans des secteurs sensibles tels que les infrastructures, la défense et la sécurité.
- Les algorithmes peuvent être manipulés pour orienter des résultats ou privilégier certaines réponses.
- Des systèmes opaques compliquent la détection de biais, de fraudes ou d’ingérences malveillantes.
- La dépendance technologique peut se traduire par une capacité d’influence politique et économique accrue pour le fournisseur dominant.
Vers la souveraineté technologique ou le colonialisme numérique ?
Face à ces risques, plusieurs pays commencent à tirer les leçons des guerres commerciales et investissent dans des alternatives souveraines à l’IA américaine.
Shaky formule une mise en garde nette : le choix qui se pose aux dirigeants mondiaux n’est pas seulement entre la domination américaine et la domination chinoise, mais entre la sauvegarde de la souveraineté technologique et la transformation des relations numériques en une forme de colonialisme.
Chaque confrontation commerciale rappelle que des relations économiques apparemment ordinaires aujourd’hui peuvent demain servir d’outils de coercition politique.