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Avec l’arrivée du Ramadan, les souvenirs liés aux séries qui rythment la rupture du jeûne refont surface, et parmi elles se détache une comédie devenue icône : Tash ma Tash. Pendant trois décennies, cette série a mêlé humour et critique sociale, s’imposant comme un rendez‑vous incontournable pour les foyers saoudiens et le public arabe.
Naissance et succès initial
La production de Tash ma Tash a débuté en 1992 et la série a été diffusée pour la première fois durant le Ramadan 1413 de l’Hégire, correspondant à 1993. Rapidement, son ton satirique et son adaptation des petits travers du quotidien ont séduit un large public.
En conséquence, chaque épisode est devenu une sorte de « capsule » après l’iftar, offrant aux téléspectateurs un miroir drôle et parfois implacable de la société.
Format et écriture participative
La force de Tash ma Tash réside dans sa formule : des épisodes autonomes, chacun inspiré d’une anecdote ou d’un phénomène social. Ainsi, la série pouvait passer du comique burlesque à la satire sociale en quelques minutes.
De plus, l’équipe de production sollicitait régulièrement le public pour recueillir des idées, et même proposer des récompenses aux contributeurs les plus créatifs. Cette participation a renforcé le sentiment d’appartenance et donné à la série une empreinte profondément populaire.
Les visages derrière la série
Le duo formé par Nasser Al‑Qasabi et Abdullah Al‑Sadhan a incarné la marque de fabrique du programme. Leur complicité à l’écran a façonné plusieurs personnages entrés dans la mémoire collective.
Sur le plan technique, le projet a été lancé au sein d’un trio fondateur incluant le réalisateur Amer Al‑Hamoud, puis s’est poursuivi avec la collaboration du réalisateur Abdul Khaleq Al‑Ghanem lors des saisons suivantes.
Arrêts successifs et retour
Sur plus de vingt ans, la série a connu des interruptions à plusieurs reprises : après la cinquième saison en 1997, puis après la dixième en 2002, et encore après la quinzième en 2008. Malgré ces pauses, elle revenait systématiquement au rendez‑vous des téléspectateurs.
Après un arrêt prolongé suite à la dix‑huitième saison en 2011, Tash ma Tash a finalement effectué un retour remarqué en Ramadan 2023 sous le titre « طاش العودة » — une reprise qui a ravivé l’enthousiasme et la nostalgie du public.
Humour, controverse et impact
Si la série a rencontré un immense succès populaire, elle n’a pas été exempte de critiques. Certains épisodes ont suscité l’opposition de courants conservateurs, en raison de la satire explicite de pratiques sociales et de sensibilités religieuses.
Toutefois, Tash ma Tash s’est affirmée comme une plateforme de débat indirect, utilisant l’humour pour questionner des sujets sensibles et pousser à la réflexion collective.
Un héritage culturel durable
Au‑delà des chiffres d’audience, Tash ma Tash laisse un héritage culturel important. Ses répliques, ses situations et ses personnages continuent d’être évoqués dans la vie quotidienne, en famille comme entre amis.
Ainsi, la série occupe une place particulière dans la nostalgie du Ramadan et dans la mémoire populaire saoudienne et arabe, symbolisant une période où humour et critique sociale se conjuguaient à la télévision.