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Un récent courriel promotionnel d’une société de télémédecine a utilisé l’image de la championne Serena Williams pour vanter les effets des médicaments amaigrissants, affirmant qu’ils peuvent aider les personnes portant « 15–20 livres » en trop à entamer une perte de poids. Ce type de message a suscité des réserves parmi les spécialistes de l’obésité, qui jugent ces communications trompeuses et potentiellement dangereuses.
En effet, ces traitements — des agonistes du récepteur GLP‑1 comme le sémaglutide et le tirzépatide — ont été développés comme thérapies de long terme pour des maladies chroniques telles que l’obésité et le diabète de type 2, et non comme de simples outils ponctuels de « style de vie ».
Des arrêts fréquents et des conséquences mal comprises
Les données indiquent qu’environ la moitié des patients cessent ces traitements dans l’année suivant leur initiation. Les raisons évoquées incluent le coût élevé, les effets indésirables et des difficultés d’accès aux prescriptions.
Souvent, l’arrêt survient sans que le patient comprenne pleinement ce qui suivra. Or, la réalité est claire : les bénéfices obtenus pendant la prise du médicament ne sont pas toujours durables après l’arrêt.
La reprise de poids après Ozempic et autres GLP‑1
Plusieurs études montrent que les personnes qui arrêtent ces médicaments récupèrent la majeure partie du poids perdu en l’espace d’un an et demi à deux ans. Ainsi, la reprise de poids après Ozempic et traitements similaires est fréquente.
Une revue systématique publiée dans une revue médicale de référence a constaté que l’arrêt du sémaglutide (commercialisé sous des noms comme Ozempic ou Wegovy) ou du tirzépatide (Mounjaro, Zepbound) entraîne une reprise du poids environ quatre fois plus rapide que chez les personnes ayant maigri uniquement par régime et exercice.
Effets métaboliques qui s’estompent après l’arrêt
Au-delà du poids, d’autres améliorations observées pendant le traitement — glycémie, pression artérielle, cholestérol — diminuent progressivement après l’arrêt du médicament. Autrement dit, les bénéfices cardiométaboliques ne sont pas automatiquement maintenus sans poursuite de la prise ou changements durables du mode de vie.
Cela soulève une interrogation centrale : vaut‑il la peine d’initier un traitement si le patient ne peut ou ne souhaite pas le poursuivre ?
Que recommandent les professionnels de santé ?
Malgré ces limites, la plupart des médecins estiment qu’il peut être pertinent de commencer ces traitements, à condition d’une prise en charge globale. Ils insistent sur l’importance de l’éducation, du suivi médical et d’un accompagnement pour intégrer des modifications durables du mode de vie.
En pratique, cela signifie combiner la pharmacothérapie avec des conseils nutritionnels, une activité physique adaptée et un soutien psychologique lorsque nécessaire. Sans cela, le risque de reprise de poids après Ozempic et autres traitements reste élevé.