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Ramadan: comment le jeûne transforme votre corps selon la science

par Sara
Monde, pays musulmans (Maroc, Égypte, Arabie Saoudite, Indonésie)

À l’approche du Ramadan, de nombreuses voix vantent les bienfaits sanitaires du jeûne, mais une vérité simple trop souvent oubliée mérite d’être rappelée : seul le médecin traitant est habilité à dire si le jeûne du Ramadan est sûr pour une personne donnée. Il ne faut pas se baser uniquement sur son ressenti, sur des avis généraux ou sur des informations diffusées en ligne, surtout en présence de maladies chroniques comme le diabète, l’hypertension ou des troubles thyroïdiens.

Transformation métabolique : du glucose aux graisses

Le jeûne du Ramadan va bien au-delà de l’abstinence temporaire ; il déclenche un réajustement métabolique. Après l’épuisement des réserves de glucose, le corps tend à puiser davantage dans les graisses comme source d’énergie. Cette bascule s’accompagne d’une baisse de l’insuline, ce qui peut contribuer à restaurer la sensibilité des cellules à cette hormone.

Cependant, ces effets bénéfiques ne sont pas automatiques. Ils dépendent du contenu des repas d’iftar et de suhoor, de la qualité du sommeil et du niveau d’activité physique. À l’inverse, l’excès de pâtisseries, de fritures et les nuits trop courtes peuvent annuler les bénéfices métaboliques du jeûne.

Ce que montrent les revues scientifiques récentes

Une revue systématique publiée en 2025, regroupant 54 études et 2 857 participants issus de 21 pays, a observé une baisse significative du poids corporel et de l’indice de masse corporelle, dès la deuxième à la troisième semaine du mois de jeûne. L’effet maximal est apparu durant la première semaine suivant le Ramadan, avant que les valeurs ne remontent progressivement.

La même synthèse a rapporté des réductions du tour de taille et du tour de hanche, ainsi qu’une diminution modeste de la masse grasse. En revanche, la masse maigre et l’eau corporelle totale restaient globalement stables. Ces résultats suggèrent un impact concret sur la composition corporelle, mais souvent de courte durée si le mode de vie n’est pas modifié après le Ramadan.

Une autre revue de 2025, consacrée aux indicateurs du syndrome métabolique, a confirmé des améliorations modestes : perte de poids, réduction du tour de taille, baisse des lipides nocifs et du cholestérol total, hausse du bon cholestérol, ainsi qu’une diminution de la pression artérielle et de la glycémie à jeun chez certains participants. Ces évolutions pointent vers un rôle potentiel du jeûne du Ramadan dans la réduction de certains facteurs de risque métabolique, sous réserve d’une pratique encadrée.

Autophagie : un mécanisme possible mais limité dans le cadre du Ramadan

Au niveau cellulaire, le jeûne stimule des processus de « nettoyage » comme l’autophagie, par lesquels la cellule recycle ses composants endommagés pour préserver son efficacité. Toutefois, la plupart des preuves proviennent d’études en laboratoire ou sur animaux.

Certaines recherches indiquent que l’activation nette de l’autophagie nécessite des périodes de jeûne prolongées — parfois 42 à 48 heures —, durées qui dépassent le jeûne diurne classique du Ramadan. Il convient donc de considérer l’autophagie comme un mécanisme plausible au sein des adaptations métaboliques, sans le présenter comme un effet équivalent à celui observé dans des protocoles de jeûne prolongé encadrés.

Conditions pour tirer bénéfice du jeûne du Ramadan

Pour que le jeûne produise des effets sanitaires positifs, quelques règles simples améliorent les chances d’en bénéficier :

  • Privilégier des repas d’iftar et de suhoor modérés et nutritifs, riches en fibres, protéines et graisses saines.
  • Maintenir un sommeil suffisant et régulier pour favoriser la récupération métabolique.
  • Conserver une activité physique régulière, adaptée et modérée.
  • Éviter les excès de sucre, les fritures et les veillées prolongées qui perturbent le rythme circadien.
  • Pour les personnes atteintes de maladies chroniques, consulter un médecin avant de jeûner afin d’ajuster les traitements, les doses et les contrôles biologiques.

Une dimension psychologique et spirituelle

Le jeûne du Ramadan n’est pas seulement une intervention nutritionnelle : il recèle une forte dimension psychologique et spirituelle. Le fait de retarder la satisfaction des désirs, de respecter un rythme quotidien structuré et d’exercer la maîtrise de soi renforce la résilience et l’autodiscipline.

Pour beaucoup, l’expérience associe des bienfaits potentiels pour le corps à une rénovation spirituelle et mentale, faisant du Ramadan une pratique globale qui touche le physique, l’esprit et la foi.

En somme, le jeûne du Ramadan peut induire des modifications métaboliques bénéfiques — perte de poids modérée, amélioration de la glycémie et du profil lipidique chez certains — à condition d’être pratiqué avec mesure et accompagnement médical si nécessaire. Les effets positifs observés dans les études sont souvent temporaires et dépendent largement des choix alimentaires et du mode de vie du jeûneur. Par-delà les bénéfices sanitaires éventuels, le Ramadan demeure avant tout un acte de foi et de renouveau spirituel.

source:https://www.aljazeera.net/health/2026/2/23/%d9%83%d9%8a%d9%81-%d9%8a%d8%ba%d9%8a%d8%b1-%d8%b5%d9%8a%d8%a7%d9%85-%d8%b1%d9%85%d8%b6%d8%a7%d9%86-%d8%ac%d8%b3%d9%85%d9%83-%d9%85%d9%86-%d8%a7%d9%84%d8%af%d8%a7%d8%ae%d9%84

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