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Rashid Khalidi, l’un des historiens les plus connus de la Palestine, a récemment pris sa retraite de son poste de professeur d’études arabes modernes à l’Université Columbia à New York. Bien qu’il soit maintenant émérite, il continue d’enseigner et de commenter la situation au Moyen-Orient, apportant une perspective historique essentielle aux événements contemporains.
Un héritage familial et académique
Né en 1948, Khalidi a grandi aux États-Unis après le début de la Nakba, qui a vu des centaines de milliers de Palestiniens être déplacés de leurs terres. Son père, fonctionnaire des Nations Unies, a joué un rôle clé dans la documentation des affaires du Moyen-Orient. Khalidi a aussi vécu à Beyrouth pendant la guerre civile libanaise et l’invasion israélienne de 1982, ce qui a profondément influencé sa vision des événements historiques.
Analyse de la guerre à Gaza et de ses racines
Dans son livre *De la centenaire guerre contre la Palestine*, Khalidi tisse l’histoire de la Palestine avec celle de sa propre famille. Il souligne l’importance de prendre en compte le contexte historique des conflits actuels, notamment en ce qui concerne l’attaque de Hamas le 7 octobre 2023. « Les décideurs politiques et les commentateurs ignorent largement l’histoire », explique-t-il, critiquant une vision déformée des événements récents.
L’impact de l’histoire sur le présent
Khalidi déclare que le soutien des États-Unis à Entité sioniste ne fait pas d’eux des médiateurs neutres, mais plutôt un acteur partie prenante dans le conflit. « Les États-Unis sont aujourd’hui en guerre avec les Palestiniens à Gaza », déclare-t-il, tout en soulignant les conséquences catastrophiques de l’escalade actuelle. Il relie les événements modernes aux déclarations de guerre faites depuis 1917 par les puissances mondiales.
Un avenir incertain pour le leadership palestinien
En ce qui concerne l’avenir du leadership palestinien, Khalidi appelle à une véritable représentation démocratique. Il critique la direction actuelle de l’Autorité palestinienne, qui est perçue comme un prolongement de l’occupation israélienne. « Un leadership alternatif doit être choisi démocratiquement par le peuple palestinien », affirme-t-il.
Réactions face à la situation actuelle
Khalidi observe que la perception du conflit par le public israélien est devenue plus rigide depuis le 7 octobre, où de nombreuses vies ont été perdues des deux côtés. Pourtant, il souligne que cela ne justifie pas les pertes massives de vies palestiniennes, estimées à plus de 40 000, et la destruction de Gaza, qualifiée de génocide. « Il n’existe aucune justification militaire pour ces actes », conclut-il.
Les conséquences géopolitiques de la guerre
La montée des tensions entre Entité sioniste et le Hezbollah au Liban soulève également des inquiétudes. Khalidi craint que la guerre ne s’étende davantage, avec des conséquences dévastatrices pour la région. Il souligne le rôle crucial des perceptions publiques et des alliances dans cette dynamique complexe.
Une réévaluation nécessaire
Pour Khalidi, il est impératif que les médias occidentaux réévaluent leur couverture du conflit. Il observe un changement dans la manière dont les jeunes générations accèdent à l’information, souvent par le biais des réseaux sociaux, ce qui leur permet de voir de première main les souffrances des civils à Gaza. « Cette prise de conscience est essentielle pour de futures manifestations et actions », dit-il.