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Le Japon se dirige vers les urnes dimanche pour l’une des élections les plus incertaines de son histoire récente, avec un faible taux de participation prévu, bien que les résultats aient des répercussions considérables sur l’avenir du pays et sa position internationale.
Un paysage politique en mutation
Historiquement un phare de stabilité dans une région de géopolitique tumultueuse, le Japon est dirigé par le même parti centre-droit, le Parti libéral-démocrate (LDP), depuis 65 des 69 dernières années. Le premier ministre, Shigeru Ishiba, a remporté la direction de son parti le mois dernier et a convoqué cette élection anticipée pour renforcer son mandat et apaiser les divisions internes.
Une élection sous tension
Cependant, les sondages indiquent que c’est l’une des rares élections d’après-guerre au Japon où le LDP pourrait ne pas obtenir la majorité, sa réputation ayant été gravement ternie par un scandale de corruption et une économie stagnante qui pèse sur le pouvoir d’achat des Japonais.
Un sondage du journal Asahi a prévu que le LDP pourrait perdre jusqu’à 50 de ses 247 sièges à la chambre basse, tandis que son partenaire de coalition, Komeito, pourrait se retrouver avec moins de 30 sièges, les plaçant tous deux en dessous des 233 nécessaires pour la majorité.
Les enjeux de la politique intérieure et extérieure
Une telle situation marquerait un retour à l’incertitude politique, semblable à celle observée en 2009, et donnerait lieu à des négociations de partage du pouvoir entre des partis ayant des opinions variées sur la façon dont le Japon doit maintenir la paix et la sécurité face à des voisins de plus en plus belliqueux comme la Chine, la Russie et la Corée du Nord.
Ishiba est perçu comme un modéré, ayant exprimé un soutien prudent au droit des couples mariés d’avoir des noms différents et soulignant l’importance de « surveiller de près l’opinion publique » concernant les mariages entre personnes de même sexe.
Un contexte marqué par le scandale
Son ascension à la direction du LDP représente un tournant vers le centre après plus d’une décennie de politique conservatrice sous Shinzo Abe et son successeur Fumio Kishida. Kishida a été contraint de démissionner après que des fonds de collecte de fonds aient été détournés vers un fonds secret, un scandale qui a gravement ébranlé la confiance du public dans la politique japonaise.

Les défis futurs pour Ishiba
Ishiba, ancien ministre de la Défense, est un promoteur de la coopération accrue avec les États-Unis et est considéré comme ayant de solides credentials dans une élection où les préoccupations de sécurité nationale sont croissantes. S’il échoue à obtenir une majorité, plusieurs scénarios s’offrent à lui pour former un gouvernement, y compris la restauration de candidats « non soutenus » victorieux issus du scandale.
Une coalition élargie pourrait également être envisagée, mais cela compliquerait davantage sa capacité à adopter des lois et à prendre des mesures audacieuses face à l’inflation galopante.
Une opposition fragmentée
Un résultat peu probable est la formation d’un gouvernement par l’opposition actuelle. Bien que le Parti démocrate constitutionnel (CDP) semble en mesure d’augmenter son nombre de sièges, ses différences fondamentales avec le Parti communiste japonais sur des questions majeures rendent une gouvernance unie difficile.
De nombreux électeurs japonais se sentent désillusionnés par le LDP, même après le scandale du fonds secret, et les sondages montrent que seulement 31 % sont satisfaits de la démocratie au Japon, un chiffre en chute par rapport à 47 % en 2017.
Un climat de tension accrue
La sécurité entourant l’élection a été renforcée suite à l’assassinat choquant de l’ancien premier ministre Abe en juillet 2022, avec des protections accrues pour les politiciens en campagne. Malgré cette situation, la menace de violence politique n’est pas considérée comme aussi sévère qu’aux États-Unis, où une élection très disputée se profile juste après les élections japonaises.
