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Pénurie d’hebamme en Suisse : un défi croissant à relever

par Sara
Suisse

La Suisse est confrontée à une pénurie croissante d’hebamme, un défi exacerbé par la difficulté de trouver des stages pour les étudiants dans ce domaine. Les écoles doivent même envoyer leurs élèves jusqu’au Canada pour effectuer leurs stages.

Les difficultés de trouver une hebamme

Une ingénieure environnementale de Winterthur a dû contacter plusieurs hebammes avant de trouver celle qui avait de la disponibilité, malgré ses recherches anticipées. Pour de nombreux futurs parents, cela représente une préoccupation majeure : comment dénicher une hebamme pour accompagner la mère et l’enfant après la naissance ? Les inquiétudes de cette ingénieure ne sont pas infondées, car les hebammes se battent contre un manque de personnel, et ce, malgré la baisse des naissances.

Un manque de soutien institutionnel

Le syndicat des hebammes a longtemps averti d’un déficit de personnel, mais depuis la crise du COVID-19, la Suisse est plongée dans une crise de soins. Selon Petra Graf, présidente du Syndicat suisse des hebammes, les priorités des parlementaires et cantons se concentrent sur l’initiative de soins, qui ne concerne pas les hebammes. « Le focus est actuellement sur cette initiative », précise-t-elle.

Un problème mondial

La Suisse n’est pas isolée dans ce problème. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) alerte depuis plus de dix ans sur la pénurie mondiale d’hebammes. Cependant, il est difficile de déterminer combien d’hebammes sont nécessaires en Suisse en raison du manque de données fiables. En 2023, Tiana Moser, alors conseillère nationale, a tenté en vain de faire en sorte que l’Observatoire suisse de la santé (Obsan) évalue le besoin de hebammes sur l’ensemble du territoire.

Une dépendance aux travailleurs étrangers

Actuellement, de nombreux hôpitaux et maisons de naissance en Suisse parviennent à fonctionner grâce à du personnel étranger. Yvonne Scherrer, du centre de naissance Terra Alta, indique qu’environ un tiers de ses employés viennent d’Allemagne. En 2023, 46 % des nouveaux diplômes d’hebamme en Suisse provenaient de l’étranger, selon la Conférence des directeurs de la santé (GDK).

Un besoin accru de soutien

Malgré une baisse des naissances, la charge de travail des hebammes n’a pas diminué. Les femmes qui accouchent sont généralement plus âgées, ce qui entraîne un plus grand besoin d’accompagnement, notamment pour les grossesses à risque et les dépressions postnatales. Avec de nombreux départs à la retraite à venir, la situation s’annonce critique, car une grande partie des hebammes en Suisse a plus de cinquante ans.

Des chiffres d’admission stables, mais un manque de stages

Les écoles attirent de nombreux candidats, avec des taux d’inscription restant élevés. La Haute école spécialisée de Zurich (ZHAW) a même augmenté le nombre de places disponibles. Pourtant, le problème réside dans le manque de stages disponibles pour les étudiants. Gabriele Hasenberg, responsable du programme d’hebammie à la ZHAW, souligne que la recherche de stages devient de plus en plus difficile.

Conditions de formation rigoureuses

Les diplômées doivent effectuer un stage de dix mois après leur Bachelor. Leur formation exige qu’elles réalisent 100 contrôles de grossesse, assistent à 40 accouchements et prennent en charge 100 suivis postnataux. La Haute école spécialisée de Berne rencontre également des difficultés pour trouver des stages en Suisse, forçant les étudiants à se rendre à l’étranger, notamment en Allemagne ou au Canada.

Vers une réforme nécessaire

Le besoin d’hebammes qualifiées est urgent, mais leur formation est coûteuse en raison de la nature pratique de leur apprentissage. Les hôpitaux, confrontés à des contraintes financières, peinent à augmenter leurs capacités de formation. Dans le secteur ambulatoire, la situation est tout aussi préoccupante, car les hebammes indépendantes sont souvent réticentes à accueillir des stagiaires sans compensation financière.

Des initiatives à suivre

Le canton de Berne montre un exemple positif en obligeant les hôpitaux et les maisons de naissance à participer activement à la formation des hebammes en leur fournissant un soutien financier. Depuis 2012, ceux qui ne forment pas de nouveaux personnels doivent payer pour compenser. Cela a conduit à une augmentation de 33 % des formations dans le secteur de la santé, bien que le défi pour les hebammes reste immense.

Hebamme | Pénurie | Suisse | Formation | Stages
source:https://www.nzz.ch/schweiz/nachwuchssorgen-bei-hebammen-warum-der-schweiz-ein-mangel-droht-ld.1869945

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