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    Importance du Conseil Nutritionnel dans le Traitement de l’Obésité

    Le conseil nutritionnel demeure un élément fondamental dans le traitement de l’obésité, même à l’ère des médicaments très efficaces pour la perte de poids. Cette question cruciale a été abordée par des cardiologues lors de la 91e réunion annuelle de la Société allemande de cardiologie à Mannheim, en Allemagne.

    Des résultats impressionnants avec les médicaments, mais un rôle clé pour le conseil nutritionnel

    Les études portant sur les agonistes des récepteurs du peptide-1 de type glucagon (GLP-1 RA), tels que le sémaglutide, ont montré une perte de poids significative allant jusqu’à 14 % en 68 semaines. Le tirzépatide atteint 18 % sur 72 semaines, tandis que le rétatrutide affiche une baisse impressionnante de 22 % en seulement 48 semaines.

    « Ces chiffres ne peuvent être atteints par le seul conseil nutritionnel — peut-être dans des cas isolés, mais généralement, cela relève de l’utopie », a souligné le Dr Elisabeth Schieffer, du département de cardiologie, angiologie et médecine interne de soins intensifs à l’hôpital universitaire de Giessen et Marburg.

    Un pilier incontournable du traitement de l’obésité

    Malgré ces résultats remarquables, le Dr Schieffer considère le conseil nutritionnel comme un pilier indispensable du traitement de l’obésité. Cette vision est soutenue par les auteurs de la mise à jour 2024 des recommandations S3 sur la prévention et le traitement de l’obésité, qui insistent sur le fait que la nutrition, l’exercice physique et la thérapie comportementale constituent les bases de tout programme de gestion du poids.

    Selon ces directives, les traitements pharmacologiques ne doivent être utilisés qu’en complément d’une thérapie multimodale de base. Cette approche s’explique par le fait que, dans les études d’homologation des nouveaux médicaments, des interventions de base étaient toujours mises en œuvre — souvent sous forme de simples recommandations générales sur une alimentation saine et l’activité physique, plutôt que de programmes structurés, comme le précise Schieffer.

    « La directive 2024 nous oblige clairement à intégrer la nutrition, l’exercice et la thérapie comportementale dans le traitement de l’obésité », a affirmé la cardiologue.

    Réduction des risques liés à la perte de poids

    Un avantage souvent méconnu du conseil nutritionnel dans la pratique quotidienne est la possibilité de minimiser les risques associés à la perte de poids.

    « Nous intervenons sur un traitement qui peut aussi entraîner des complications », a expliqué Schieffer. Parmi les problèmes courants liés à la perte de poids figurent l’hypoglycémie, la faiblesse, les vertiges, des difficultés de concentration et la constipation.

    Des complications plus graves peuvent également survenir, telles que des troubles électrolytiques (avec un risque d’arythmies cardiaques), des crises de goutte, ainsi que des calculs biliaires et rénaux, qui peuvent être détectés ou évités précocement grâce à un accompagnement nutritionnel.

    Souvent, des détails subtils dans les habitudes alimentaires des patients peuvent poser problème. Par exemple, Schieffer a mentionné des cas où des patients augmentant leur consommation de liquides via des spritzers au jus de rhubarbe augmentent considérablement leur risque de calculs rénaux en raison de l’acide oxalique ingéré. « Ce sont des détails très pertinents au cas par cas, que nous ne reconnaissons souvent pas à temps sans un conseil nutritionnel associé », a-t-elle insisté.

    Groupes à risque nécessitant une attention particulière

    Le Dr Schieffer a également souligné l’importance du conseil nutritionnel pour des groupes spécifiques à risque :

    • Patients hypertendus : La perte de poids peut nécessiter un ajustement des médicaments antihypertenseurs. Il est crucial que ces patients soient préparés afin d’éviter une hypotension pouvant entraîner des chutes, notamment grâce à une surveillance régulière de la tension artérielle à domicile.
    • Patients diabétiques : Un suivi rapproché est indispensable lors d’un traitement par agonistes des récepteurs GLP-1 pour réduire le risque d’hypoglycémie.
    • Patients souffrant d’insuffisance cardiaque : Bien que la perte de poids ne soit généralement pas recommandée chez les personnes âgées, les patients plus jeunes avec une fonction cardiaque sévèrement altérée (par exemple, en cas de cardiomyopathie dilatée) peuvent bénéficier d’une perte de poids médicamenteuse combinée à un conseil nutritionnel.
    • Patients dépressifs : Une attention particulière doit être portée à la qualité de l’alimentation et à la conservation de la masse musculaire durant la perte de poids.

    Bien que les nouveaux médicaments réduisent principalement la masse grasse, une perte musculaire est toujours observée. Une revue de 2024 a montré que le ratio perte de graisse/perte musculaire sous GLP-1 RA est favorable, mais le maintien de la masse musculaire reste un objectif crucial.

    Apports en protéines et recommandations pratiques

    « La question se pose souvent de savoir si un apport protéique plus élevé serait judicieux », a indiqué Schieffer. Toutefois, les preuves suggèrent que la composition en macronutriments pendant la perte de poids joue un rôle mineur. La recommandation standard d’environ 0,8 g de protéines par kilogramme de poids corporel demeure valable.

    Une augmentation à 1,0-1,2 g/kg peut avoir des bénéfices minimes, mais uniquement en association avec un entraînement de renforcement musculaire.

    Pour faciliter la mise en œuvre pratique, Schieffer a conseillé de simplifier la prescription du conseil nutritionnel. La nécessité médicale peut être attestée de manière informelle, par exemple sur un « feuillet blanc ». Par ailleurs, la Société allemande de nutrition propose un formulaire similaire.

    Grâce à ce certificat, les patients peuvent soit contacter directement leur caisse d’assurance maladie, soit obtenir un devis auprès d’un conseiller en nutrition. Pour ceux qui souhaitent approfondir leurs connaissances, ils peuvent être orientés vers les recommandations destinées aux patients sur le diagnostic et le traitement de l’obésité.

    source:https://www.medscape.com/viewarticle/nutritional-counseling-remains-key-obesity-treatment-2025a1000b2i

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