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Déforestation tropicale : 500 000 morts liées à la chaleur en 20 ans

by Sara
Brésil, République démocratique du Congo, Indonésie, Vietnam

Une étude récente publiée dans Nature (https://www.nature.com/articles/s41558-025-02411-0) révèle que la déforestation tropicale a causé plus de 500 000 décès liés à la chaleur entre 2001 et 2020. Les chercheurs expliquent que l’abattage et le brûlage des arbres, particulièrement intenses en Amazonie, en République démocratique du Congo et en Asie du Sud-Est, ont entraîné des changements climatiques locaux importants et une hausse des températures.

Constats clés

La recherche met en lumière plusieurs résultats saillants, présentés ici de manière synthétique :

  • La déforestation tropicale est responsable de plus d’un tiers du réchauffement local observé dans les zones affectées.
  • Environ 345 millions de personnes dans les régions tropicales ont subi les effets de ce réchauffement entre 2001 et 2020.
  • 2,6 millions de personnes ont été exposées à des températures dépassant en moyenne de 3 °C les niveaux qui auraient prévalu sans destruction forestière.
  • Le réchauffement lié à la déforestation a entraîné en moyenne 28 330 décès par an sur la période étudiée.

Mécanismes du réchauffement local

Les auteurs montrent que la disparition du couvert forestier réduit l’ombre naturelle qui protège le sol et les êtres vivants. Cette perte engendre également une baisse des précipitations qui alimentent les écosystèmes locaux et accroît le risque d’incendies.

Ces facteurs combinés entraînent une élévation directe des températures dans les zones où la déforestation est extensive, aggravant les vagues de chaleur locales au-delà des effets généraux du changement climatique.

Impact humain et mortalité

Selon l’étude, le réchauffement induit par la déforestation a eu des conséquences mortelles récurrentes. Les chercheurs estiment que, sur les vingt années étudiées, ce réchauffement a provoqué plus d’un demi-million de décès liés à la chaleur.

La surmortalité attribuée à ce phénomène résulte de l’exposition accrue aux vagues de chaleur et à l’incapacité de certaines populations à se protéger efficacement contre le stress thermique.

Répartition géographique des pertes humaines

La distribution des décès n’est pas uniforme :

  • Environ la moitié des décès se sont produits en Asie du Sud-Est, en raison de la forte densité de population et d’une vulnérabilité thermique élevée.
  • Environ un tiers des décès ont eu lieu en Afrique tropicale.
  • Le reste des pertes humaines est réparti en Amérique centrale et du Sud, zones où la déforestation est également importante.

Analyse des chercheurs

Le professeur Dominic Spracklen, de l’université de Leeds et l’un des auteurs principaux, résume la conclusion centrale de l’étude de manière directe : « la déforestation tue ». Il souligne que le débat public a souvent limité les forêts à leur rôle dans le cycle du carbone ou dans l’économie, en négligeant les risques directs pour les populations locales.

Spracklen insiste sur les bénéfices doubles de la conservation forestière : protection des vies lors des épisodes de chaleur et amélioration des conditions climatiques favorables à l’agriculture.

Fonctions des forêts et enjeux

Les forêts couvrent environ 31 % des terres émergées et stockent près de 296 gigatonnes de carbone. Elles abritent la majeure partie de la biodiversité terrestre, fournissent des services économiques et environnementaux et jouent un rôle protecteur face aux événements climatiques extrêmes, comme les tempêtes et les inondations.

Certaines études estiment que près de 10 millions d’hectares d’arbres sont abattus chaque année pour l’agriculture et l’élevage, et que 96 % de la déforestation se produit dans les régions tropicales.

Implications pour la gestion et l’agriculture

Maintenir les forêts en place réduit le stress thermique subi par les populations et offre des conditions climatiques plus stables pour les cultures. Les chercheurs plaident pour une gestion qui intègre la préservation du couvert arboré comme moyen de protection sanitaire et d’adaptation climatique.

Des mesures de conservation et des pratiques agricoles durables sont présentées comme essentielles pour limiter les hausses de température locales et réduire le risque sanitaire associé à la déforestation tropicale.

source:https://www.aljazeera.net/climate/2025/8/28/%d8%af%d8%b1%d8%a7%d8%b3%d8%a9-%d8%a5%d8%b2%d8%a7%d9%84%d8%a9-%d8%a7%d9%84%d8%ba%d8%a7%d8%a8%d8%a7%d8%aa-%d8%a7%d9%84%d8%a7%d8%b3%d8%aa%d9%88%d8%a7%d8%a6%d9%8a%d8%a9-%d9%82%d8%aa%d9%84%d8%aa

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