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6 albums incontournables pour déprimer de la rentrée musicale

by Sara
France

Pour cette sélection de la rentrée musicale, voici six albums à écouter : albums rentrée musicale, Blood Orange Essex Honey, Sabrina Carpenter Man’s Best Friend, Jehnny Beth You Heartbreaker, Hives Forever, Rwanda with strings — un panorama mêlant provocation, confession, rage et délicatesse orchestrale, de Blood Orange à Joey Bada$$.

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Blood Orange — Essex Honey

Devonté Hynes, connu sous le nom de Blood Orange, revient après sept ans d’absence avec son cinquième disque, Essex Honey. Le musicien londonien a traversé dance‑punk, R & B, collaborations avec Mariah Carey et Solange, le cinéma et même des symphonies classiques ; ce nouvel album rassemble des contributions de Lorde, Caroline Polachek, Mustafa, Tirzah, Brendan Yates (Turnstile), Tariq Al‑Sabir et l’écrivaine Zadie Smith.

Testament personnel évoquant le deuil et sa jeunesse anglaise, Essex Honey s’appuie sur une généalogie musicale revendiquée : « Westerberg » convoque le guitariste des Replacements, « Mind Loaded » fait résonner un couplet d’Elliott Smith. Point de pastiche ici, mais des interpolations assumées — Yo La Tengo, Warp 9 — et une maîtrise de l’espace rythmique, où les percussions de Dillon Treacy traînent volontairement avant que la house ou la techno ne surgissent. On ne s’en lasse pas.

Sabrina Carpenter — Man’s Best Friend

Sabrina Carpenter pochette Man's Best Friend
Sabrina Carpenter sort « Man’s best friend », l’album le plus attendu de cette fin d’été.

Sabrina Carpenter, ancienne star de Disney, confirme avec Man’s Best Friend une stratégie volontairement provocatrice. Après le single viral « Espresso » en 2024, la chanteuse use des clichés et de l’ironie pour s’imposer : mélodies sucrées, refrains taillés pour TikTok et paroles cherchant le scandale.

La pochette — Sabrina Carpenter à quatre pattes, cheveux tenus par une main masculine hors champ — a relancé la machine à indignation : geste de soumission ou pied de nez au conservatisme ? L’album pousse le male gaze jusqu’à l’absurde pour souligner son propos central, l’histoire d’une femme qui ne se sent plus désirée par son compagnon.

Sur « Tears », la chanteuse chante : « je mouille à l’idée que / tu sois un homme responsable / que tu me traites comme tu es censé le faire ». Le ton oscille entre cruauté et autodérision : « Je te souhaite une vie de bonheur / Et une éternité sans jamais tirer ton coup » (extrait de « Never Getting Laid ») ou l’humour mordant de « My man on willpower » : « Mon homme est en phase avec ses émotions. Mon homme ne me touchera pas avec une perche de six mètres ».

Porté par une production disco‑funk et synth‑pop rétro signée Jack Antonoff, Man’s Best Friend convoque parfois l’ombre d’ABBA — notamment sur « Goodbye » — mais s’en émancipe par des punchlines affûtées. Le disque livre un portrait complexe de la féminité moderne, entre provocation calculée et sincérité désarmante.

Jehnny Beth — You Heartbreaker, you

Découverte avec Savages, Jehnny Beth (Camille Berthomier) confirme sa trajectoire polymorphe avec You Heartbreaker, you. Multi‑discipline — cinéma (Kaamelot, Anatomie d’une chute, Les Olympiades), télé (son talk‑show Echoes sur Arte), collaborations avec Bobby Gillespie, Gorillaz et Rone — elle livre un album solo de neuf titres résolument hardcore, conçu avec Johnny Hostile.

L’idée est née après des premières parties américaines aux côtés de Queens of the Stone Age devant un public métal galvanisant. You Heartbreaker, you ouvre avec un cri cathartique sur « Broken Rib », navigue entre post‑hardcore new‑yorkais (« Obsession »), grunge industriel (« No Good for People ») et apothéose metal (« High Resolution Sadness »). Le disque est brut, sauvage et séduisant.

The Hives — The Hives Forever Forever The Hives

Après une décennie d’attente avant The Death of Randy Fitzsimmons, The Hives reviennent deux ans plus tard avec The Hives Forever Forever The Hives. En trente‑trois minutes, les Suédois offrent un concentré de riffs staccato et d’énergie rock : du prologue qui détourne Beethoven aux riffs boogie de « Bad Call », du hardcore d’« O.C.D.O.D. » aux refrains‑de‑stade de « Paint a Picture ».

Les Hives fouillent leur propre légende avec un ton goguenard et restent en guerre contre le conformisme, crachant leur rage sur « Enough Is Enough » et concluant par une profession de foi : « They Can’t Hear the Music », promesse de continuer « jusqu’à ce que la peinture s’écaille ». Si tout n’atteint pas la fulgurance des sommets, l’album demeure cohérent et rappelle que les Hives ne vieillissent pas.

The Good Ones — Rwanda with strings

Rwanda with strings est né d’une rencontre improbable organisée par Ian Brennan dans une chambre d’hôtel à Washington D.C. Adrien Kazigira et Janvier Havugimana, duo originel des Good Ones, ont joué avec le violoncelliste Gordon Withers et le violoniste Matvei Sigalov — sans partitions, sans répétitions et parfois sans langue commune — pour accoucher en trois heures de dix titres.

Le résultat mêle chants en kinyarwanda et cordes occidentales : une folk dépouillée, traversée de mémoire et de cicatrices. Les Good Ones, formés en 1978 dans un pays bientôt fracturé par un génocide, ont toujours cherché par la musique un langage commun entre des membres de différentes ethnies. Trois décennies après l’horreur, ce cinquième album poursuit ce geste de réconciliation, en refusant l’esthétisation exotique et en laissant la rugosité intacte.

Joey Bada$$ — Lonely at the top

Lonely at the top, le septième effort de Joey Bada$$, navigue entre introspection et nostalgie. L’acteur de Mr. Robot y confronte la solitude du sommet et l’absurdité du star‑system ; « Dark Aura » ouvre le disque avec une lucidité glaciale et pose les bases d’un malaise récurrent.

Le disque alterne ambiances : N.E.R.D./Neptunes sur « SupaFlee », claustrophobie sur « Underwater », tension sur « STILL ». Le titre final et éponyme, hommage à « Moment of Truth » de Gang Starr, cristallise la solitude du sommet sur un piano jazzy et mélancolique. Joey y aborde stress, anxiété, faux amis, évoque son glock et la religion, livrant un album inégal mais personnel et sincère.

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