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Banksy a de nouveau surpris Londres et le monde en peignant une fresque acerbe sur la façade extérieure des Royal Courts of Justice. L’œuvre représente un juge penché, marteau levé, au-dessus d’un manifestant allongé au sol, et apparaît quelques jours après l’arrestation d’environ 900 personnes lors d’une manifestation de soutien au groupe interdit « Palestine Action ».
La peinture a provoqué l’inquiétude des autorités britanniques : des agents de sécurité ont été déployés, l’œuvre a été masquée aux passants et, par la suite, recouverte de peinture. Cet épisode relance le débat autour de Banksy Palestine et met une nouvelle fois en lumière l’impact politique de son art de rue.
Une identité volontairement secrète
Banksy est reconnu comme l’un des artistes de rue contemporains les plus célèbres, malgré le mystère qui entoure son identité. Selon certains proches, il serait né en 1974 à Bristol et pourrait s’appeler Robert Banksy, sans confirmation officielle.
Ses premières œuvres à Bristol et à Londres datent de 2003. Son style mêle humour noir et messages politiques ou humanitaires, comme en témoignent des images devenues emblématiques.
Parmi ses distinctions, Time l’a inclus dans son classement des 100 personnalités les plus influentes, et en 2007 il a reçu le prix du « meilleur artiste vivant » au Royaume‑Uni décerné par ITV — prix qu’il n’a évidemment pas retiré en personne.
Incidents et retentissements médiatiques
Plusieurs événements ont marqué la carrière de Banksy, dont le fameux autodéchiquetage de « Girl with Balloon » lors d’une vente chez Sotheby’s en 2018. Le nouvel incident devant les tribunaux londoniens suscite un risque particulier : la fresque a été peinte sur un bâtiment classé Grade I, ce qui engage des poursuites pour dommage à un bien historique.
- La police a ouvert une enquête pour « dommages criminels » ; les investigations sont en cours.
- Si la valeur des dégâts dépasse 5 000 £ (environ 6 700 $), l’infraction peut entraîner une peine pouvant aller jusqu’à 10 ans de prison.
- Pour des dommages inférieurs à ce seuil, la peine encourue peut être de 3 mois de prison et/ou une amende pouvant atteindre 2 500 £ (environ 3 300 $).
Les risques judiciaires exposent Banksy à une possible révélation d’identité s’il devait comparaître devant un tribunal, ce qui en fait l’un des événements les plus susceptibles de lever le voile sur son anonymat.
Récemment, l’artiste a réalisé de nombreuses peintures murales à Londres inspirées du monde animalier, dont une série devant l’entrée du zoo de Londres.

Banksy et la Palestine
Le lien entre Banksy et la Palestine remonte à ses interventions sur le mur de séparation et dans les camps de réfugiés en Cisjordanie. Il a travaillé dans la région depuis 2005 et a organisé des ventes aux enchères de ses œuvres pour collecter des fonds au profit des Palestiniens.
En 2014, Banksy est entré à Gaza par les tunnels pour peindre sur les façades et les portes de maisons détruites. Il a notamment réalisé une image d’un chat jouant avec une bille de métal, expliquant aux habitants que ce motif symbolisait le droit à la vie.
Par un court métrage, il a attiré l’attention sur la destruction à Gaza, affirmant : « Si nous nous lavons les mains du conflit entre les puissants et les plus faibles, nous nous rangeons du côté des puissants ; nous ne pouvons donc pas rester neutres. »
Certaines de ses œuvres sur le mur nécessitent aujourd’hui des soins de conservation importants pour préserver leur valeur historique et culturelle ; d’autres risquent d’être déplacées pour les protéger de l’érosion ou du vandalisme.

Le destin du « Slingshot Rat » et la récupération d’œuvres
Parmi les œuvres remarquées figure le « Slingshot Rat » peint en 2007 sur un bloc de béton près du mur de séparation à Bethléem. L’œuvre a finalement été dissimulée, découpée puis revendue à un collectionneur israélien, puis transportée à Tel‑Aviv après avoir franchi un point de contrôle militaire.
Ce cas illustre les tensions autour de la propriété et du commerce des œuvres de rue : certains éléments sont arrachés et vendus, tandis que d’autres disparaissent ou sont endommagés par des tiers.
Face à ces risques, Banksy publie souvent ses réalisations sur les réseaux sociaux avant qu’elles ne soient effacées ou dérobées, afin de documenter leur existence et d’alerter l’opinion publique.
Un artiste hors des normes et du système
Banksy préserve volontairement son anonymat pour continuer à exprimer ses idées sans harcèlement médiatique ni pression des autorités. Ses œuvres critiquent la guerre, l’autorité et le capitalisme, et lui ont valu un statut de symbole rebelle de la culture britannique.
Des voleurs ont à plusieurs reprises découpé ses peintures murales pour les revendre aux enchères, tandis que les maisons de vente internationale contribuent parfois, selon ses détracteurs, à entretenir le mystère autour de son identité pour maximiser les profits.
Après plus de trois décennies d’activité en coulisses, Banksy demeure une figure énigmatique dont les actions continuent d’alimenter débats et réflexions, en particulier autour des thèmes Palestine et Banksy Palestine.
Points clés
- Fresque controversée devant les Royal Courts of Justice à Londres, peinte après une vague d’arrestations lors d’une manifestation pro‑Palestine.
- La peinture a été masquée puis recouverte, et la police a ouvert une enquête pour dommages criminels.
- Banksy reste anonyme depuis des décennies, malgré les spéculations et les enquêtes médiatiques.
- Son engagement en faveur des Palestiniens remonte à 2005, avec des interventions en Cisjordanie et à Gaza.
- La commercialisation et le déplacement d’œuvres de rue soulèvent des questions éthiques et juridiques.