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Prise prolongée d’antidépresseurs : un sevrage dix fois plus difficile

par charles

Les antidépresseurs, largement prescrits pour traiter la dépression et l’anxiété, s’appuient particulièrement sur les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS). Leur profil de tolérance est généralement favorable et leur efficacité dans les troubles de l’humeur est bien établi. Concrètement, les ISRS augmentent la concentration de sérotonine dans le cerveau, un neurotransmetteur impliqué dans la régulation de l’humeur, du sommeil et de l’appétit.

Concrètement, les ISRS empêchent la recapture de la sérotonine par les neurones, ce qui permet à cette molécule de rester plus longtemps active dans l’espace synaptique, amplifiant ainsi ses effets bénéfiques sur l’humeur. Ce mécanisme, bien qu’efficace chez de nombreux patients, nécessite souvent plusieurs semaines pour produire des effets perceptibles. Des molécules comme la fluoxétine, la sertraline ou encore l’escitalopram figurent parmi les plus prescrites dans cette catégorie.

Prise prolongée d’antidépresseurs: un sevrage dix fois plus difficile

Une étude récente menée par des chercheurs de l’University College de Londres, dirigée par le Dr Mark Horowitz, révèle que prendre ces antidépresseurs sur une période de plus de deux ans multiplie par dix le risque de souffrir de symptômes de sevrage modérés à sévères lorsque le traitement est arrêté. Pour cette étude, les chercheurs ont interrogé 310 patients ayant tenté d’arrêter leur traitement. 64 % de ceux ayant pris des antidépresseurs sur le long terme ont déclaré éprouver des symptômes de sevrage importants, contre seulement 7 % chez ceux traités depuis moins de six mois.

Le Dr Horowitz explique : « Le cerveau s’adapte à la présence d’antidépresseurs en réduisant le nombre et la sensibilité des récepteurs de la sérotonine. Lors de l’arrêt du traitement, cette adaptation peut entraîner des symptômes de sevrage prolongés ».

Des effets secondaires qui persistent bien au-delà de l’arrêt

Les symptômes décrits ne sont pas anodins: nausées, troubles du sommeil, anxiété accrue, migraines, troubles cognitifs et irritabilité. Plus préoccupant encore, 12 % des participants ont signalé que ces effets avaient duré plus d’un an après la fin du traitement. « C’est l’une des raisons pour lesquelles il ne faut pas utiliser les antidépresseurs plus longtemps que nécessaire, car cela peut rendre plus difficile l’arrêt ultérieur de leur utilisation », souligne le Dr Horowitz.

Recommandations pratiques pour une réduction sécurisée

Face à ces constats, les experts préconisent une réduction progressive et individualisée des doses, souvent étalée sur plusieurs mois, voire plusieurs années. Cette approche permet au cerveau de s’adapter progressivement à la baisse du taux de sérotonine.

  • Établir un plan de dégression personnalisé sous supervision médicale.
  • Réduire les doses par étapes très progressives et adaptées à la tolérance individuelle.
  • Mettre en place un suivi régulier pour ajuster le rythme de réduction et gérer les symptômes éventuels.
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