À Washington, une attaque contre deux militaires américains a déclenché une enquête active et des mesures de sécurité renforcées. Rahmanullah Lakanwal, un citoyen afghan de 29 ans, est l’auteur présumé et sera inculpé d’assassinat, selon les autorités. L’enquête progresse: l’une des victimes est décédée et l’autre reste dans un état critique; le mobile demeure inconnu. Par ailleurs, l’administration a annoncé un réexamen complet des permis de résidence permanente délivrés à des ressortissants de 19 pays jugés préoccupants.

L’inculpation du suspect Rahmanullah Lakanwal
Selon l’AFP, peu après l’annonce du décès de Sarah Beckstrom, 20 ans, la procureure de la capitale fédérale a déclaré son intention de requérir la peine capitale contre Rahmanullah Lakanwal, 29 ans. « S’il arrive quelque chose, nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour requérir la peine de mort contre ce monstre, qui n’aurait jamais dû être dans notre pays », a-t-elle déclaré sur Fox News, en référence au débat qui a aussitôt éclaté entre républicains et démocrates sur cette affaire. C’est un meurtre avec préméditation, a-t-elle ajouté pour expliquer l’aggravation des chefs d’accusation.
Elle avait initialement annoncé jeudi que le suspect, blessé lors de son arrestation, serait poursuivi pour agression armée avec intention de tuer.
Mais entre-temps, l’une des deux victimes, Sarah Beckstrom, 20 ans, est décédée, tandis que l’autre, Andrew Wolfe, 24 ans, se trouvait toujours vendredi dans un état critique, selon les autorités.
Le mobile de l’attaque restait inconnu vendredi. Mais son auteur présumé, arrivé aux Etats-Unis en 2021 après avoir servi aux côtés de l’armée américaine en Afghanistan, selon la CIA, a traversé le pays en voiture depuis l’Etat de Washington (nord-ouest), où il habitait avec sa famille, pour se rendre dans la capitale fédérale, sur la côte est.
A la suite de cet attentat, l’administration américaine avait déjà annoncé jeudi « un réexamen complet et rigoureux » des permis de résidence permanente ou « cartes vertes », délivrés aux ressortissants de 19 pays jugés préoccupants, dont l’Afghanistan, Haïti, l’Iran et le Venezuela. Selon des données officielles, plus d’1,6 million d’étrangers détenteurs de la carte verte (soit 12% des résidents permanents) sont originaires d’un de ces pays. L’Afghanistan en compte plus de 116.000.
Rahmanullah Lakanwal était arrivé aux Etats-Unis un mois après le retrait précipité des forces américaines d’Afghanistan sous la présidence du démocrate Joe Biden, en août 2021, dans le cadre d’une vaste opération d’évacuation des Afghans ayant collaboré avec les Américains contre les talibans. Des médias américains affirmaient vendredi qu’il avait rejoint les « unités zéro » des services afghans, en charge de missions commandos contre les talibans, Al-Qaïda ou le groupe Etat islamique (EI).
L’ONG AfghanEvac précise qu’il « a demandé l’asile sous l’administration Biden, mais son asile a été approuvé sous l’administration Trump », en avril 2025. Selon le département d’État, plus de 190.000 Afghans sont arrivés aux Etats-Unis depuis la prise de pouvoir des talibans. Depuis juin, le président républicain a envoyé la Garde nationale successivement à Los Angeles, Washington et Memphis, à chaque fois contre l’avis des autorités locales démocrates, disant ces renforts nécessaires pour lutter contre la criminalité et appuyer la police fédérale de l’immigration (ICE).
Mesures et répercussions sur les visas
Après l’attentat, l’administration américaine avait annoncé jeudi un réexamen complet et rigoureux des cartes vertes délivrées aux ressortissants de 19 pays jugés préoccupants, dont l’Afghanistan, Haïti, l’Iran et le Venezuela. Sollicités vendredi par l’AFP pour préciser quels pays étaient concernés, les services d’immigration ont renvoyé à cette liste.
Selon des données officielles, plus d’1,6 million d’étrangers détenteurs de la carte verte (soit 12% des résidents permanents) sont originaires d’un de ces pays. L’Afghanistan en compte plus de 116.000.
Depuis juin, le président américain a envoyé la Garde nationale à Los Angeles, Washington et Memphis, pour soutenir les forces de l’ordre et les services d’immigration, selon les autorités.
Les autorités précisent que le mobile de l’attaque demeure inconnu et que l’enquête se poursuit.