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Mayotte: un an après Chido, reconstruction lente

par charles
France

Un an après le passage du cyclone Chido, Mayotte observe des progrès lents dans la reconstruction. Le bâti reste marqué par les dégâts et les finances publiques restent sous tension alors que la saison des pluies revient. Témoignages d’habitants et chiffres officiels dressent un tableau nuancé entre avancées et incertitudes.

Habitants de Mayotte face aux dégâts du cyclone Chido
Mayotte, un an après Chido: scènes de reconstruction à Mamoudzou.

Bilan humain et économique un an après Chido

Selon la Fondation pour le logement, « 60 % du bâti de l’île a été endommagé ou détruit et plus des 2/3 des logements collectifs ont subi des dommages ».

Ahmed Ali Mondroha, directeur général de la société immobilière de Mayotte (SIM), évalue les dégâts à 72 millions d’euros. « Sur 1 600 logements impactés, 500 ont pu être remis en exploitation et environ 600 sont actuellement en travaux ».

Les travaux peinent à redémarrer: « les prix ont explosé » et, selon lui, « la tôle a par exemple augmenté de 40 % », avec des délais d’acheminement plus longs. Selon Julian Champiat, président de la fédération mahoraise du BTP (FMBTP), il faut « quatre mois » pour réceptionner une commande, contre « deux auparavant », notamment à cause d’un allongement des délais de dédouanement lié au nombre important de conteneurs au port de Longoni. Faute de trésorerie, les entreprises travaillent « en flux tendu » et « elles n’ont pas de stock ».

Le tissu économique est largement fragilisé. Fahardine Mohamed, président du Medef à Mayotte, rappelle que la finances du secteur public — 70 % de l’économie de l’archipel — sont « au plus bas » et que « après le cyclone, les collectivités se sont engagées dans des dépenses pour faire face à l’urgence et elles sont en fin de mandat ».

Dans le centre-ville de Mamoudzou, l’hôtel de ville conserve une partie de sa toiture arrachée et des locaux sont condamnés; le toit du Cadema reste bâché. « On est en télétravail depuis le passage du cyclone », confie un employé de la collectivité, souhaitant rester anonyme. « Mon bureau est inutilisable, il y a des fuites d’eau partout et lorsqu’il pleut ça fait sauter l’électricité. Rien n’a été fait. Les collectivités n’ont plus d’argent ».

Les indemnisations des assurances tardent: « On attend environ 20 millions d’euros », précise le directeur général de la SIM. Derrière le comptoir du restaurant Le Camion blanc, Melie Razafindrasoa observe l’évolution: « On en voit à nouveau au marché », mais elle ajoute « avoir très peur qu’un nouveau cyclone arrive » et remarque « toujours pas vu l’argent de l’assurance ».

A Mayotte, la saison des pluies commence et les orages se font de plus en plus fréquents. « La dernière fois, il y a eu beaucoup de vent et de pluie. Mes enfants ont eu très peur, ils sont encore traumatisés », raconte Razafindrasoa. « Alors que la nouvelle saison cyclonique a débuté, des milliers de ménages sinistrés restent privés de logement digne et décent », alerte la Fondation pour le logement.

Facteurs qui ralentissent la reconstruction

Plusieurs facteurs freinent la reprise: « à cause d’un allongement des délais de dédouanement, lié au nombre important de conteneurs au port de commerce de Longoni » et « quatre mois » pour réceptionner une commande, contre « deux auparavant », selon le président de la FMBTP.

Autre gisement: « les prix ont explosé » et « la tôle a par exemple augmenté de 40 % », ce qui complique l’approvisionnement et rallonge les délais d’acheminement.

Faute de trésorerie — et face à une reprise d’activité tardive — les entreprises travaillent « en flux tendu » et « elles n’ont pas de stock », ce qui ralentit davantage les chantiers. Fahardine Mohamed, président du Medef, rappelle que « le tissu économique est largement fragilisé » et que « les finances du secteur public — qui représente 70 % de l’économie de l’archipel — sont au plus bas », une réalité qui oblige les collectivités à composer avec des crédits pour l’urgence et des délais de mandat qui se terminent.

Des collectivités restent également exposées à des dégâts matériels: dans le centre-ville, l’hôtel de ville et Cadema restent endommagés et certains bureaux restent inutilisables tant que les financements publics tardent à se débloquer. La reconstruction se poursuit malgré tout, au rythme des commandes et des livraisons, alors que la saison des pluies perdure et que les habitants réclament des solutions durables pour accéder à un logement décent.

Centre-ville de Mamoudzou après le cyclone
Centre-ville de Mamoudzou après le cyclone: les travaux se poursuivent.

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