Le conseil de prud’hommes de Paris a rendu son jugement ce mardi dans le litige opposant le Paris Saint-Germain à Kylian Mbappé. La décision porte sur l’exécution provisoire et les suites possibles en cas d’appel. Elle confirme en substance que le club doit régler une partie des sommes dues à l’ancien joueur malgré l’ouverture d’un éventuel recours. L’affaire porte sur des salaires et des primes impayés à la fin du contrat de Mbappé en juin 2024 et sur les conséquences financières qui en découlent.
Selon le jugement, le PSG est condamné à verser immédiatement 61 millions d’euros à Mbappé, après que les demandes du club ont été déboutées. Mbappé réclamait à l’origine des salaires et des primes impayés et évoquait un préjudice total estimé à 263 millions d’euros; le tribunal n’a pas retenu ce montant intégralement mais a statué en faveur du joueur sur la part financière clé. Le club de la capitale voit ainsi une partie des prétentions de Mbappé confirmée, tandis que le reste des demandes a été rejeté. Le verdict souligne l’importance de l’exécution provisoire dans ce type de contentieux.
Des avocats du joueur, notamment Me Frédérique Cassereau, ont immédiatement déclaré que le jugement représentait une victoire pour Mbappé. Me Johan Zenou a pour sa part défendu une lecture du texte judiciaire comme une décision logique et équitable. Selon eux, le droit du travail prévoit que le salaire demeure dû tant qu’aucune procédure disciplinaire visant à mettre fin au contrat n’a été engagée par l’employeur, ce qui, selon eux, a été négligé par le PSG. L’analyse met aussi en évidence ce que certains interprètent comme une mesure de rétorsion de la part du club après le départ du joueur.
Le tribunal a également ordonné l’exécution provisoire de la condamnation, ce qui signifie que le PSG doit payer Mbappé dès réception du jugement et publier sur son site internet l’intégralité du texte pendant un mois. Cette disposition vise à éviter que le jugement n’ait pas d’effet en raison d’un éventuel appel, en assurant une application rapide de la décision. Selon l’un des avocats, l’objectif procédural est d’éviter que Mbappé doive attendre plusieurs années pour obtenir les fonds en cas de recours. Sans cette mesure, Paris aurait potentiellement gagné 2 à 3 ans dans une procédure d’appel et Mbappé aurait vu les montants dormir dans la trésorerie du club.
Du côté du PSG, l’entité a indiqué qu’elle prendrait acte du jugement mais qu’elle se réserve le droit de faire appel. Elle a un mois pour faire connaître sa décision et renvoyer le dossier à la cour d’appel de Paris. Selon Me Zenou, l’appel paraît peu susceptible de modifier fondamentalement l’issue et pourrait même aggraver la peine encourue par le club si la cour d’appel venait à revoir certains points du dossier. L’ancien cadre ne s’arrêterait probablement pas là et la requalification du contrat de Mbappé, de CDD à CDI, pourrait être remise en cause, si l’appel venait à s’étendre sur ce point.
Sur ce point précis, l’avocat rappelle que la cour d’appel pourrait examiner d’autres éléments du dossier et que le club pourrait être condamné sur des aspects supplémentaires, comme la requalification du contrat demandé par Mbappé. Quoi qu’il en soit, selon l’expert, l’absence d’une exécution provisoire aurait laissé au PSG la latitude d’un délai plus long, tandis que ce mécanisme introduit une pression temporelle sur le club et peut influencer le cours des débats devant la cour d’appel. Cela renforce l’impact juridique du dispositif sur les motivations des parties.