Accueil SantéLe quotidien anti-âge de Bryan Johnson, l’homme qui défie le temps

Le quotidien anti-âge de Bryan Johnson, l’homme qui défie le temps

par charles

Bryan Johnson, multimillionnaire californien de 47 ans et entrepreneur à succès dans la tech, s’est donné, depuis quatre ans, une mission quasi-messianique: inverser son âge biologique. Son projet, baptisé « Blueprint », est médiatisé avec succès et alimente un flux continu de contenus sur les réseaux sociaux. Ses chiffres parlent d’eux-mêmes: environ 1,5 million d’abonnés sur YouTube, 1,7 million sur Instagram et 310 000 sur TikTok.

L’homme n’a nul besoin d’un service de presse: les médias relatent sans cesse les étapes de sa quête d’immortalité. En mai 2023, Bloomberg Businessweek évoque le fait qu’il « a recruté son propre fils de 17 ans pour devenir son ‘blood boy’ et procéder à des échanges de plasma avec lui ». Time précise que l’ex-roi de la tech a « confié son corps tout entier à un algorithme anti-âge ». Le Daily Mail s’interroge sur un régime limité à 2 000 calories par jour.

Une journée sous haute discipline

Le documentaire réalisé par Chris Smith, disponible sur Netflix, retrace cette routine anti‑vieillissement, que beaucoup décrivent comme infernale par sa précision. À quelques détails près, son quotidien demeure invariable:

Dès son réveil, à 4 h 30, il s’éclaircit face à une lampe de luminothérapie et surveille ses constantes: graisse corporelle, masse musculaire et température. Son jour se déploie jusqu’à 20 h 30 autour du sport (en moyenne une heure de musculation, 5 à 7 jours par semaine; tennis et basketball une fois par semaine) et d’une consommation massive de compléments alimentaires (environ 120 gélules) et de plats véganes. Il pratique un jeûne après 11 heures du matin et recourt à diverses technologies (électrostimulation, audiothérapie, casque LED) ainsi qu’à des injections d’hormones de croissance, de collagène et de Botox.

Cette discipline s’accompagne d’un recours à des protocoles et dispositifs variés, qui s’inscrivent dans une logique de réduction des variables liées au vieillissement et d’étalonnage minutieux des paramètres corporels.

Pratiques expérimentales à risques

Au‑delà de sa routine quotidienne, Bryan Johnson et sa cohorte médicale s’essayent à des approches expérimentales jugées risquées. Parmi elles figurent l’ingestion d’immunosuppresseurs (rapamycine) et la thérapie génique. Pour accéder à cette thérapie, développée par Minicircle, il s’est rendu sur l’île de Roatán, au large du Honduras, où il a reçu le gène de la follistatine sous forme de deux injections, une protéine supposée prolonger l’espérance de vie chez les souris.

Le coût total de ces expérimentations demeure opaque, mais il est estimé à environ 2 millions de dollars par an (environ 1,9 million d’euros). Les réactions ne se font pas attendre: certains commentateurs considèrent que « c’est tout sauf une vie ».

Une métamorphose visible et problématique

Selon ses propres dires, cette quête de rajeunissement lui aurait permis de gagner cinq ans d’âge physiologique, de conserver une fonction cardiaque proche de celle d’un homme de 37 ans et d’atteindre un rythme de vieillissement de 0,57 (contre 1,3 au début du protocole). Autrement dit, il vieillit biologiquement d’un an tous les 21 mois, plutôt que selon le rythme habituel de douze mois pour un an civil.

Au‑delà des chiffres, Bryan Johnson a connu une métamorphose physique et personnelle marquée. Le père de famille, autrefois marqué par des années de réussite dans la tech et une famille religieuse (l’ensemble l’a amené à s’éloigner de la religion mormone), affiche aujourd’hui un corps plus musclé et un visage plus lisse. Avec son fils Talmage à ses côtés, il affirme vouloir faire avancer la connaissance sur le vieillissement, tout en faisant face à l’invalidation ou à l’incrédulité de certains acteurs du monde médical, qui préfèrent investir dans la recherche plutôt que dans des protocoles expérimentaux en solitaire.

Une idéologie qu’il espère dominante

Au cœur de son combat, l’idéologie « Don’t Die » — « Ne mourez pas » en français — repropose un cadre fondé sur l’élimination de l’alcool, du tabac et de la malbouffe, la réduction de la pollution et le respect des 5 piliers de santé: sport, nutrition, sommeil, santé mentale et compléments alimentaires. Pour lui, cette approche pourrait devenir « la plus influente du monde d’ici 2027 ». « Notre existence en dépend », affirme-t-il sur ses réseaux.

La stratégie attire autant qu’elle suscite le scepticisme. Les propositions commerciales associées se multiplient: kit nutritionnel de longévité à plusieurs centaines de dollars et des tests de biomarqueurs pouvant atteindre 50 000 dollars. Un mouvement mondial se former autour de sa devise, avec des adeptes portant des t‑shirts identifiables. Pour certains, il est un vampire, un androïde, un gourou ou même un escroc; pour d’autres, un esprit innovant et provocateur.

En bref, Bryan Johnson affirme, au terme de son parcours, « Je n’ai jamais été aussi heureux ». Cette affirmation conclut un récit autant scientifique que sociologique sur les limites, les espoirs et les dérives possibles d’une quête de longévité.

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