More

    Iran : sixième jour de manifestations, tensions politiques et victimes

    Iran, États-Unis, Israël

    Les manifestations en Iran entrent dans leur sixième jour, éclatant d’abord contre la hausse du coût de la vie et la forte dégradation du rial, puis empruntant dans certains quartiers une tonalité plus politique. Les heurts se sont intensifiés et les autorités parlent désormais d’un nombre croissant de victimes tandis que des responsables iraniens dénoncent les propos du président américain et mettent en garde contre toute ingérence extérieure.

    Réactions politiques et accusations réciproques

    La montée des tensions a suscité des échanges acrimonieux entre Téhéran et Washington. Le président américain a déclaré que les États-Unis interviendraient si les autorités iraniennes exerçaient une répression violente contre les manifestants et a assuré vouloir soutenir les participants aux rassemblements.

    À Téhéran, le ministre des Affaires étrangères Abbas Araqchi a qualifié ces menaces d’« irresponsables et dangereuses » et a souligné que les forces armées iraniennes restaient en état d’alerte. D’autres hauts responsables, comme Ali Larijani et Ali Shamkhani, ont rejeté toute ingérence et prévenu que toute main étrangère tentant d’atteindre la sécurité nationale serait neutralisée.

    Tensions sur le terrain et bilan humain

    Sur le terrain, des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des affrontements et des manifestants scandant des slogans hostiles au pouvoir, ainsi que des incendies de poubelles dans certains quartiers. Ces images n’ont pas toujours pu être vérifiées de manière indépendante dans l’immédiat.

    Une ONG iranienne de défense des droits humains, Hengaw, a indiqué avoir confirmé l’identité d’au moins dix personnes tuées depuis le début des manifestations et fait état d’environ 80 arrestations. Les rassemblements ont été signalés dans plusieurs villes, dont des quartiers du sud de Téhéran, ainsi que Qom, Marvdasht, Mashhad et Hamedan.

    Appel depuis l’exil et évolution des revendications

    Depuis l’étranger, Reza Pahlavi, fils du dernier shah, a appelé à une « forte présence » dans la capitale et encouragé l’établissement de barrages sur les axes routiers. Installé en exil, son influence réelle sur la dynamique des manifestations reste toutefois incertaine, alors que l’opposition iranienne en diaspora apparaît fragmentée.

    De fait, le mouvement a commencé sur des revendications économiques — baisse du pouvoir d’achat et effondrement du rial — mais plusieurs observateurs notent un glissement de slogans vers des revendications politiques, élargissant la portée du mouvement au-delà des seuls enjeux matériels.

    Origines de la crise et posture du pouvoir

    Les protestations ont pris racine à la fin décembre, lorsque des commerçants du grand bazar de Téhéran ont dénoncé la chute brutale de la valeur de la monnaie iranienne et la dégradation générale de la situation économique. Elles se sont par la suite étendues à d’autres villes du pays.

    Le président Masoud Pezeshkian a reconnu l’existence d’un mécontentement populaire et admis la responsabilité du gouvernement dans les difficultés économiques, appelant les responsables à ne pas imputer ces problèmes à des facteurs extérieurs.

    Contexte régional et enjeux stratégiques

    Les manifestations surviennent dans un contexte régional tendu, marqué par des pressions internationales sur le programme nucléaire et balistique iranien et par des frappes qui, ces derniers mois, ont visé des responsables et des infrastructures liés au Corps des Gardiens de la Révolution, selon des déclarations étrangères.

    Face aux demandes extérieures de renoncer à ses programmes balistiques, le ministre de la Défense Aziz Nasirzadeh a rappelé qu’aucun consensus national ne permettrait de négocier la puissance balistique du pays, affirmant que ni la guerre ni la négociation ne pourraient détruire cette capacité.

    Perspectives immédiates

    À court terme, la situation reste volatile : la contestation sociale, centrée sur le pouvoir d’achat, continue de côtoyer des revendications à teneur politique, tandis que la réponse des autorités et les réactions internationales pourraient influer sur l’évolution des manifestations Iran dans les prochains jours.

    source:https://www.aljazeera.net/news/2026/1/3/%d9%83%d9%8a%d9%81-%d9%8a%d8%aa%d8%b7%d9%88%d8%b1-%d8%a7%d9%84%d9%85%d8%b4%d9%87%d8%af-%d8%a7%d9%84%d8%a5%d9%8a%d8%b1%d8%a7%d9%86%d9%8a-%d8%b3%d9%8a%d8%a7%d8%b3%d9%8a%d8%a7

    LAISSER UN COMMENTAIRE

    S'il vous plaît entrez votre commentaire!
    S'il vous plaît entrez votre nom ici

    Actualités

    L’acteur de Friends, Matthew Perry, décède à 54 ans

    "Matthew Perry, célèbre pour son rôle de Chandler Bing dans Friends, décède à 54 ans. Acteur très apprécié, sa mort suscite l'émotion mondiale."

    Entité sioniste déploie des navires de guerre en Mer Rouge selon un expert militaire

    Entité sioniste déploie des navires de guerre en Mer Rouge pour contrer les Houthis au Yémen, une manœuvre vue comme une démonstration de force envers l'Iran.

    L’affaire des SMS entre Pfizer et la Commission européenne : ce qu’il faut savoir

    En avril 2021, le New York Times a révélé...

    Banque suisse : Credit Suisse en chute libre après la faillite de la SVB

    L'action de Credit Suisse a dévissé de plus de...

    Le Retour de Microsoft avec Bing et Edge : Une Menace pour Google ?

    Depuis moins de trois mois, ChatGPT a déjà créé...

    Canicule 2026 : comment nos voisins européens font-ils face ?

    Troisième canicule de l'été 2026 en France (67 départements orange) : comment l'Allemagne, la Pologne, l'Espagne et Lyon gèrent-elles la chaleur ? Lecture croisée de la presse européenne.

    Inflation zone euro : 2,8 % en juin, la BCE lâche du lest après son pari de juin

    L'inflation annuelle ralentit à 2,8 % en zone euro en juin, et repasse sous 2 % en France selon l'Insee. Pour la BCE, contrainte de revoir sa trajectoire trois semaines après avoir relevé ses taux, la fenêtre s'ouvre sur un statu quo en juillet.

    Croissance 2026 : Bercy abaisse sa prévision à 0,7 % et annonce 3 milliards d’économies

    Le gouvernement abaisse sa prévision de croissance 2026 à 0,7 % du PIB (vs 0,9 %) et annonce 3 milliards d'euros d'économies supplémentaires, tout en jugeant « difficile » l'objectif de déficit à 5 %.

    Canicule : 67 départements en vigilance orange mercredi 8 juillet, incendies et sécheresse s’étendent

    Troisième canicule en six semaines : 67 départements en vigilance orange mercredi, dont six nouveaux. Incendies actifs (Pyrénées-Orientales, Drôme) et 37 départements en crise sécheresse.

    Sécurité du quotidien : le gouvernement perd la main au Parlement

    Ouverte le 1er juillet pour boucler plusieurs...

    à Lire

    Categories