En Syrie, troisième nuit d’affrontements violents entre l’armée et les forces kurdes dans la grande ville d’Alep, au nord du pays, aggravant une situation déjà tendue et compliquant les perspectives d’un accord entre les autorités centrales et les Kurdes présents dans plusieurs quartiers.

Les bombardements se poursuivaient jeudi dans les quartiers kurdes d’Alep, les combats se prolongeant en soirée et le chef des Forces démocratiques syriennes (FDS) soulignant que la détérioration de la situation complique les efforts en vue d’un accord.
Des forces de sécurité intérieure ont commencé à se déployer dans les quartiers touchés afin de sécuriser les biens publics et privés, de renforcer la stabilité et l’ordre, et de permettre aux habitants de regagner leurs foyers au plus vite.
Les commerces, les universités et les écoles sont restés fermés jeudi dans la deuxième ville du pays, et la fermeture de l’aéroport a été prolongée jusqu’à vendredi soir. Un couvre-feu a été décrété dans six quartiers. Le bilan officiel annonce au moins 21 morts ces derniers jours, les violences étant les plus graves entre le gouvernement central et les Kurdes à Alep.
Ces affrontements interviennent alors que les deux parties peinent à mettre en œuvre un accord conclu en mars pour intégrer les institutions de l’administration autonome kurde et son bras armé, les Forces démocratiques syriennes (FDS), dans le cadre du nouvel État syrien.
Le chef des FDS, Mazloum Abdi, a déploré que les tentatives de prise d’assaut des quartiers kurdes, en plein processus de négociation, sapent les chances d’une entente.
Ces violences pourraient avoir une dimension régionale, la Turquie se disant prête à intervenir aux côtés des autorités syriennes et d’Israël pour soutenir les Kurdes.