Selon la préfecture de police, les abords de l’Arc de Triomphe à Paris ont commencé à être évacués jeudi soir. Des actions ont été observées autour de l’Arc et près de la tour Eiffel, impliquant des tracteurs et des manifestants. La mobilisation, lancée fin décembre, s’est étendue à plusieurs départements et s’est poursuivie ces derniers jours. Le mouvement appelle à une révision des politiques agricoles et à une remise en cause des accords commerciaux en cours.

Bertrand Venteau, président de la Coordination rurale, a appelé ses troupes au repos et demandé la libération des tracteurs ainsi que des adhérents interpellés. Devant le Palais Bourbon, il a affirmé que le combat serait dur et long et que les manifestants étaient prêts à revenir si nécessaire. La Coordination rurale a présenté cette pause comme une opportunité pour favoriser le dialogue et clarifier les objectifs. Des échanges avec le ministère de l’Agriculture ont été organisés, mais les participants ont jugé l’engagement insuffisant.

José Pérez, président de la CR du Lot-et-Garonne, a déploré l’absence d’engagement après un échange avec la ministre de l’Agriculture Annie Genevard devant l’Assemblée. Il a ajouté qu’il faudrait un engagement sur la suppression de certaines normes françaises. Des parlementaires sont venus échanger avec les manifestants et Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée, a été prise à partie lors des échanges. Le retour des interlocuteurs a été jugé insuffisant par les représentants régionaux.
Des actions ont été menées dans 39 départements et à Paris. Selon la préfecture, l’entourage de l’Arc de Triomphe a été évacué et le départ des engins a été encadré. La police a indiqué qu’une centaine de tracteurs avaient été bloqués dans la journée, avec une quarantaine à Paris et une soixantaine aux portes de la ville. Des interdictions avaient été prononcées autour de lieux sensibles comme l’Élysée, Matignon et le Parlement, mais les barrages ont été forcés.
Le ministre a précisé les chiffres: 67 actions dans 39 départements et environ 2 200 manifestants agricoles, et des incidents sur la plaque parisienne. Il a ajouté que 11 interpellations en dehors de Paris et 65 verbalisations avaient été recensées. Les autorités ont aussi indiqué que des zones sensibles avaient été inaccessibles par certaines mesures, mais les barrages sont restés en place.
Des actions sont prévues dans d’autres régions et en Belgique ou en Pologne dans les prochains jours. La FNSEA et les Jeunes Agriculteurs ont appelé à un grand rassemblement devant le Parlement européen à Strasbourg le 20 janvier, si l’accord de libre-échange entre l’UE et le Mercosur est signé. Emmanuel Macron a déclaré qu’il voterait contre cet accord lors du vote prévu à Bruxelles, invoquant un rejet politique unanime. Il a précisé que ce vote ne serait pas la fin de l’histoire et que l’accord resterait soumis au Parlement européen pour ratification.
Le mouvement demeure volatile et les autorités indiquent qu’une suite d’actions est possible dans plusieurs régions. Des discussions techniques et politiques sont attendues pour clarifier les objectifs et les demandes des syndicats agricoles. Le calendrier des prochaines mobilisations sera communiqué par la Coordination rurale.