Accueil ActualitéBusinessEconomie et financeMarchés du Golfe 2026 : perspectives par pays

Marchés du Golfe 2026 : perspectives par pays

par Sara
Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Koweït, Oman, Bahreïn, Égypte

Les perspectives pour les marchés du Golfe en 2026 restent globalement positives, mais les performances devraient être inégales selon les pays, leurs réformes et la dynamique de liquidité, estiment des experts. Certains marchés, soutenus par des réformes structurelles et des flux d’investissements, pourraient tirer leur épingle du jeu, tandis que d’autres chercheront encore à retrouver un équilibre. Cette fragmentation provient autant des fondamentaux nationaux que de facteurs externes comme le cours du pétrole et la politique monétaire mondiale.

Retour sur 2025 et premiers signaux

La plupart des indices du Golfe ont affiché des gains en 2025, avec toutefois une exception notable : l’indice saoudien qui a reculé d’environ 13 %. Sur l’ensemble de l’année, certains marchés se sont particulièrement distingués par leurs hausses. Ces différences posent les bases d’une année 2026 qui devrait davantage trier les gagnants des marchés en difficulté.

  • Masqat : +28 %
  • Koweït : +21 %
  • Dubaï : +17 %
  • Abou Dhabi : +6 %
  • Qatar : +2 %

« Année de tri » pour les économies régionales

Pour Asim Mansour, responsable de la recherche de marché chez O.W. Markets, 2026 ne sera pas une année de hausse généralisée dans la région mais plutôt une période de tri entre économies ayant pris l’initiative et autres encore en quête de stabilité. Il juge le marché égyptien entré en 2026 dans une logique plus défensive : les valorisations peuvent sembler attractives, mais la liquidité et la confiance des investisseurs long terme restent déterminantes.

Concernant l’Arabie saoudite, Mansour identifie le royaume comme le pari le plus clair dans la région pour 2026, non pas parce qu’il est le moins cher mais parce que sa feuille de route est la plus visible. Les dépenses publiques, les méga-projets et l’afflux d’investissements étrangers forment une assise solide, même si les titres non alignés sur la vision nationale risquent de rester à la traîne.

Pour le marché qatari, il anticipe une année axée sur les rendements et les distributions plutôt que sur des envolées de prix, avec les secteurs bancaire et énergétique comme piliers, rendant le marché plus adapté aux investisseurs conservateurs qu’aux chasseurs de croissance rapide.

Performance durant la première semaine de 2026

La première semaine de l’année a montré une certaine dispersion après une hausse des cours du pétrole, tandis que les investisseurs attendaient des indicateurs américains susceptibles d’influencer la trajectoire des taux d’intérêt. Les pays du Conseil de coopération du Golfe restent sensibles aux décisions de politique monétaire externe, leurs devises étant majoritairement arrimées au dollar.

  • Arabie saoudite : +0,2 % lors de la dernière séance de la semaine, portée par les secteurs énergie, technologies et institutions financières. Le titre de la compagnie nationale de transport maritime a bondi de 10 % et celui de la première banque du pays a gagné 0,7 %.
  • Dubaï : -0,4 %, mettant fin à une série de gains enregistrés en début de semaine dans un climat de prudence.
  • Abou Dhabi : -0,3 %, pénalisé notamment par le repli des titres d’entreprises pétrolières et de services liés aux hydrocarbures.
  • Qatar : -0,8 % en fin de semaine, avec la majorité des valeurs en baisse ; parmi elles, des poids lourds comme les industries pétrochimiques et la principale banque nationale ont reculé.
  • Koweït : -0,2 % ; Bahreïn : -0,3 % ; Oman : +0,4 %.
  • Égypte (hors Golfe) : +0,8 %, soutenue par la progression de grandes valeurs telles que les télécommunications et la banque commerciale.

Ce qui pilote les marchés et l’appétit des investisseurs

Pour Walid Faqha, directeur des investissements chez Al Ahli pour la Courtage financière, la dispersion observée illustre le choix des investisseurs entre marchés à valorisations basses offrant des rendements attractifs et marchés jugés chers après de fortes hausses au quatrième trimestre. Il souligne aussi le dynamisme particulier de certaines places, porté par des réformes ou de nouvelles émissions.

Le marché de Mascate a ainsi affiché une avancée notable en début d’année, stimulée par des réformes structurelles et l’introduction de trois fonds représentant des montants importants, ce qui a contribué à relancer la liquidité et l’activité d’émission. De même, la décision saoudienne d’autoriser tous les investisseurs non-résidents à investir sur son marché a fortement accru les flux : la liquidité a franchi la barre des milliards de riyals, renforçant l’attrait de la place.

  • Attente de la saison des résultats : de nombreuses institutions anticipent des publications clefs qui peuvent déclencher des achats ciblés.
  • Dividendes et valorisations attractives dans certains secteurs leaders.
  • Optimisme sur les bénéfices des banques, de l’immobilier et des services à la consommation.
  • Entrées nettes de capitaux institutionnels, domestiques et étrangers, qui soutiennent les volumes et la capitalisation.

Au Qatar, ces facteurs ont favorisé une hausse équilibrée de l’ordre de 2 % sur la semaine pour l’ensemble du marché, alimentée par des achats nets d’acteurs régionaux et internationaux et par l’anticipation des publications d’établissements majeurs prévue au calendrier.

En définitive, les marchés du Golfe en 2026 devraient refléter des trajectoires différenciées : les places appuyées par des réformes, une meilleure liquidité et des recettes pétrolières stables partent avec un avantage, tandis que celles qui peinent à attirer des flux resteront sous pression. La combinaison du prix du pétrole, des décisions de politique monétaire internationale et de la mise en œuvre des réformes locales déterminera largement la hiérarchie des performances dans la région.

source:https://www.aljazeera.net/ebusiness/2026/1/10/gulf-stock-markets-performance

Cela pourrait vous intéresser

Laisser un commentaire