Accueil ActualitéL’UE face au traité commercial Mercosur : enjeux et contestations

L’UE face au traité commercial Mercosur : enjeux et contestations

par Lea
France

L’Union européenne est sur le point de signer un accord commercial avec les pays du Mercosur, malgré l’opposition exprimée par la France, l’Irlande, la Pologne, l’Autriche et la Hongrie. Le PCF réagit en dénonçant ce choix et en rappelant que le gouvernement italien illustre une posture qui privilégie les intérêts du capital. Selon les communistes, cet accord s’inscrit dans une logique de dérèglementation des échanges qui ne privilégie pas les revenus des agriculteurs. Le texte international prévoit une réduction substantielle des droits de douane et une meilleure accessibilité des produits agricoles d’Amérique du Sud sur le marché européen.

Le PCF affirme que cet accord mettrait à mal la souveraineté alimentaire en faisant peser la pression de la mondialisation sur les producteurs locaux. Ils estiment que les mécanismes de blocage possibles n’ont pas été suffisants pour empêcher la ratification et que cela s’accompagne d’un processus de libéralisation qui favorise les grandes entreprises agro-industrielles. Les producteurs de viande bovine, de betteraves et de volaille pourraient être les grands perdants, soumis à une concurrence internationale des prix qui ne respecte pas les mêmes coûts de production.

Les chiffres de l’Institut de l’élevage indiquent que les coûts de production des élevages de bovins viande au Mercosur seraient nettement inférieurs, estimés à environ 40% de moins que ceux pratiqués en Europe selon les périodes et les filières. Cette compression des prix payés aux producteurs est décrite comme un avantage pour le capital au détriment des revenus agricoles. Par ailleurs, l’histoire économique montre que, depuis les Trente Glorieuses, la baisse des prix alimentaires a accompagné la stagnation des salaires et des pensions, rendant plus fragile le reste du budget des ménages.

Le secteur agroalimentaire, la grande distribution et les chaînes de restauration pilotent l’agriculture et pourraient ainsi s’approvisionner en denrées bon marché auprès des agriculteurs. Dans ce cadre, les normes sanitaires et environnementales risquent d’être alignées sur les exigences des marchés internationaux plutôt que sur des standards élevés. Bien que des garanties aient été avancées sur l’absence d’OGM et l’interdiction d’hormones, des chiffres de 2020 montrent qu’un quart des substances actives utilisées au Brésil n’étaient pas autorisées en Europe. Le développement d’un modèle agro-exportateur dépendant des intrants chimiques est donc perçu comme un risque pour la qualité et la sécurité.

Pour les communistes, l’accord favoriserait surtout des secteurs non agricoles comme l’automobile, la fabrication de machines-outils, le BTP et les domaines pharmaceutiques, qui bénéficieraient de la suppression de plus de 90% des droits de douane. L’agriculture, moins lucrative, sera alors perçue comme un simple appui à l’exportation de biens et de services. Le PCF dénonce une logique où les intérêts capitalistes priment sur la souveraineté alimentaire et le droit des peuples à produire leur alimentation.

Face à cela, le PCF appelle à refuser la ratification et à promouvoir une voie fondée sur la planification démocratique, l’intervention publique sur les prix et de nouveaux partenariats entre peuples. Il propose notamment la construction d’un service public de traçabilité et de contrôle de la qualité pour les produits agricoles, avec l’obligation d’indiquer l’origine des produits, qu’ils soient importés ou produits localement. Le parti propose aussi une police européenne de la sécurité alimentaire dotée de moyens suffisants pour contrôler efficacement les frontières et la qualité des denrées.

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