Accueil ActualitéPrésence européenne au Groenland : un signal fort face à Trump

Présence européenne au Groenland : un signal fort face à Trump

par Lea
France

La présence de militaires français au Groenland n’est pas considérable en termes d’ampleur, mais elle constitue un signal fort pour l’Europe dans la gestion des enjeux arctiques. Selon Cécile Pelaudeix, docteure en sciences politiques, spécialiste de l’Arctique et professeure associée à Sciences Po Grenoble, l’arrivée d’unités européennes à Nuuk marque un tournant: l’Europe cesse, au moins symboliquement, de subir les pressions américaines. Environ quinze soldats français sont déployés à Nuuk dans le cadre de cette mission, annoncée par Olivier Poivre d’Arvor, ambassadeur pour les pôles et les océans.

Le dispositif ne se limite pas à Paris. Il s’agit en pratique de troupes venant de la France et de l’Allemagne, mais aussi de Suède et de Norvège, précise la chercheuse qui a travaillé quatre ans au Danemark dans un centre de recherche arctique et enseigné au Groenland. L’objectif est clair: contribuer à la sécurité du territoire autonome danois et, ce faisant, délégitimer l’argument avancé par Donald Trump selon lequel le Groenland serait insuffisamment protégé.

Depuis plusieurs jours, le président américain affirme que les États-Unis obtiendront l’île d’une manière ou d’une autre, soutenant que sans Washington, la Russie ou la Chine s’en empareront. Pour Cécile Pelaudeix, cet argument est surdimensionné: les risques en Arctique existent, notamment avec la montée d’une coopération sino-russe et des menaces hybrides russes, mais rien ne justifie une annexion ni une militarisation précipitée.

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