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Le Wall Street Journal affirme qu’Israël soutient, de manière non officielle, de nouvelles milices palestiniennes opérant à l’intérieur de la bande de Gaza afin de contrer le Hamas. Selon le quotidien, cette stratégie vise à contourner les restrictions imposées aux forces israéliennes par l’accord de cessez-le-feu, en recourant à des groupes capables d’agir là où l’armée ne peut officiellement intervenir.
Un appui discret mais ciblé
Ces milices opèrent depuis des zones sous contrôle israélien, mais elles mènent des attaques dans des secteurs supposés hors de portée des opérations israéliennes, en tirant parti d’un soutien direct. Ce soutien comprend du renseignement, un appui aérien par drones et diverses formes d’approvisionnement logistique.
Des témoignages et des responsables militaires cités par le quotidien indiquent que l’aide peut aller de la transmission d’informations à une intervention active si les miliciens sont menacés.
L’affirmation publique d’un chef de groupe
La coopération est apparue au grand jour lorsque Hossam al-Astal, chef d’une de ces formations, a revendiqué la responsabilité de l’élimination d’un responsable de la police du Hamas dans la zone d’al-Mawasi. Dans une interview téléphonique, il a expliqué que cet homme « causait des problèmes aux personnes qui voulaient venir vers nous. Il nous faisait du mal. Quiconque essayait de nous approcher, il ouvrait le feu. Celui qui le remplacera sera tué. »
Dans un message vidéo, armé d’une arme d’assaut, al-Astal a également averti : « Nous disons au Hamas et à tous ses membres : comme nous sommes arrivés jusqu’à eux, nous arriverons aussi jusqu’à vous. »
Coordination et soutien opérationnel
Un ancien officier israélien en charge des opérations dans la bande de Gaza a affirmé que, lorsque ces groupes mènent des actions contre le Hamas, « nous sommes là pour les surveiller et parfois pour les aider. Cela signifie les aider par des informations, et si nous voyons le Hamas tenter de les menacer ou de s’approcher d’eux, nous intervenons de manière active. »
Des éléments supplémentaires montrent que l’aide matérielle ne se limite pas à des vivres : des convois d’assistance ont acheminé nourriture, eau, cigarettes et des caisses scellées dont le contenu n’a pas été précisé, apparemment placées par des services israéliens de sécurité intérieure.
Des actions documentées et une stratégie prudente
Le reportage indique que d’autres formations, telles que les « Forces populaires », ont été utilisées dans des opérations complexes, notamment pour attirer des combattants du Hamas hors des tunnels à Rafah. Plusieurs exactions attribuées à ces groupes ont été documentées par des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux.
Pour Israël, le recours à ces milices représente un moyen de poursuivre la pression sur le Hamas sans violer directement les contraintes imposées à ses forces par le cessez-le-feu.
Limites politiques et manque de légitimité locale
Malgré le soutien matériel et opérationnel, ces milices peinent à s’imposer comme une alternative crédible au Hamas. Leur base populaire reste limitée et plusieurs groupes sont accusés d’actes de pillage ou d’activités criminelles, ce qui fragilise leur image.
Par ailleurs, une large part de la population de Gaza considère ces formations comme des collaborateurs d’Israël, ce qui réduit encore leur capacité à gagner en légitimité. Le gouvernement israélien, de son côté, refuse de remettre la gouvernance de Gaza à l’Autorité palestinienne, après des tentatives antérieures de coopération avec des clans locaux qui s’étaient soldées par des purges ciblées par le Hamas.
Perspectives
La coopération entre Israël et ces milices à Gaza illustre la complexité du conflit : elle permet à l’État israélien de maintenir une pression militaire indirecte sur le Hamas, tout en exposant ces groupes à des représailles et en alimentant les tensions internes au sein de la population gazaouie.
À court terme, la stratégie offre un canal d’action pour des opérations que l’armée ne peut plus mener librement, mais elle soulève des questions sur la stabilité, la sécurité civile et la légitimité politique à plus long terme.