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Les procureurs hongrois ont engagé des poursuites contre le maire de Budapest, Gergely Karácsony, pour son rôle dans l’organisation de la Budapest Pride l’an dernier, un rassemblement qui s’est tenu malgré une interdiction et qui a rassemblé des centaines de milliers de personnes.
Le bureau du procureur a indiqué avoir « déposé des charges et demandé une amende contre le maire de Budapest, qui a organisé et conduit un rassemblement public malgré une interdiction de la police ». Les procureurs proposent une condamnation par jugement sommaire, sans procès, sans toutefois préciser le montant de l’amende requise.
Accusations et risques juridiques
Karácsony est poursuivi pour avoir organisé et appelé à participer à un rassemblement interdit, une infraction passible d’un an de prison selon le code pénal hongrois. De plus, les participants pouvaient encourir des amendes allant jusqu’à 500 euros pour leur présence au défilé.
Cependant, la police avait annoncé en juillet qu’elle n’entendait pas prendre de mesures contre les manifestants, alors même que la procureure cherche une sanction rapide contre le maire via une procédure sans audience publique.
Contexte politique
Depuis son retour au pouvoir en 2010, le Premier ministre Viktor Orbán a resserré l’emprise de son camp sur les institutions et mis en œuvre des lois visant à promouvoir des « valeurs familiales traditionnelles », tout en restreignant progressivement les droits des personnes LGBTQ.
En 2025, le parti au pouvoir, Fidesz, a amendé la législation et la Constitution pour interdire la tenue de la marche annuelle de la fierté, provoquant de vives critiques au plan national et européen.
La décision de la mairie et la réaction de Karácsony
Après l’interdiction, la mairie de Budapest s’est impliquée comme co‑organisatrice pour contourner les nouvelles règles, mais la police a maintenu ses objections et le gouvernement a averti des « conséquences juridiques » pour les organisateurs et les participants.
Face aux poursuites, Karácsony a réagi en affirmant sur Facebook être passé de « suspect fier » à « prévenu fier ». Il a dénoncé une attitude qu’il juge motivée par la volonté d’un pouvoir « égoïste, mesquin et méprisable » de réprimer les défenseurs des libertés dans la capitale.
Réactions nationales et européennes
La mise en cause du maire a suscité des réactions en Europe. Ciarán Cuffe, coprésident du groupe des Verts européens, a qualifié les charges d’ »outrageuses » dans un message sur X, et les Verts européens ont exprimé leur soutien à Karácsony et à son parti affilié en Hongrie, Dialogue.
Le parti européen a salué la manifestation comme « la plus grande marche de la liberté depuis des décennies » et a estimé que l’événement avait montré que « l’amour ne peut pas être interdit ».
Le rassemblement et son déroulé
Les organisateurs ont estimé que jusqu’à 200 000 personnes ont participé à la 30e édition de la Budapest Pride. Le cortège est parti de l’hôtel de ville, a traversé le centre-ville et a franchi le pont Erzsébet qui enjambe le Danube.
Les manifestants agitaient des drapeaux arc‑en‑ciel et portaient des pancartes tournées en dérision contre Viktor Orbán, affirmant ainsi une forte mobilisation en faveur des droits LGBTQ malgré l’interdiction légale.