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Comme chaque mois, ce point fait le bilan des mouvements de commerces autour de Lannion en ce mois de janvier 2026, avec une vague de jeunes patrons qui démontrent audace et esprit d’entreprise. Le paysage local évolue, entre départs, reprises et projets ambitieux qui pourraient redéfinir l’offre près de chez soi.
Fermetures, transmissions et ouvertures programmées
Après huit années à régaler les Trécorrois, Nadine et Christophe Lemarié ont tourné la page de leur pâtisserie emblématique. Ils laissent les lieux à des visages bien connus de la ville, Kevin et Céline Le Ny, créateurs de l’ancienne enseigne Madame Moustache, qui prennent le relais. Le passage de témoin s’accompagne d’un nouveau cap: après des travaux, le nouvel établissement ouvrira ses portes autour de Pâques.
Cette transition marque la fin d’une époque et l’entrée dans une nouvelle aventure commerciale, avec l’espoir d’un renouveau pour cette adresse historique et ses clients fidèles.
Jeunes entrepreneurs et projets en croissance
À 23 ans, Tristan Kerouanton transforme tout ce qu’il touche en succès avec sa marque Utopia Barber Studio. Son premier salon, ouvert à Lannion en 2023 pour financer un voyage, affiche un carnet de rendez‑vous saturé. Après des ouvertures à Perros‑Guirec cet été et l’extension prévue à Guingamp, Tristan vise désormais une implantation plus large en Bretagne et l’éventualité d’un développement par franchises.
Adrien Thomas, âgé de 24 ans, vient de lancer son entreprise d’électricité et de plomberie à Trégrom. En six années, il a obtenu trois CAP (électricité, chauffage, plomberie) et un Brevet professionnel, totalisant ainsi huit ans d’expérience malgré le jeune âge. Son réseau familial dans le bâtiment et ses proches collaborateurs l’ont aidé à prendre rapidement des commandes et à s’insérer dans le secteur.
Audrey Quillec, à 22 ans, a démarré “L’Art de la coiffure By Audrey” à Tonquédec, une activité à domicile lancée le 19 janvier. Diplômée d’un brevet professionnel en coiffure mixte, elle gère les coupes femmes et l’entretien de la barbe. Forte d’une expérience en salons entre Carhaix et Lannion, elle propose des coupes et brushings et envisage les couleurs prochainement, avec un rayon d’intervention de 20 km autour de Tonquédec. Elle souhaite aussi mettre son savoir‑faire au service des résidents en Ehpad.
Hugo Bourgès, 28 ans, déploie Bara Bro Dreger. Fils d’agriculteurs, il revient à l’essentiel en ouvrant une boulangerie au levain naturel, cuite au feu de bois et utilisant des farines bio achetées directement auprès des paysans du Trégor. Ses pains, de 500 g à 2 kg, sont disponibles au marché paysan de Kermoroc’h le vendredi, à l’épicerie de Plouaret ou directement dans son fournil du Vieux‑Marché sur commande.
Clara Garel, à 21 ans, a ouvert Garel Couture dans les anciens locaux de la Chiffonnerie, rue de Keriavily à Lannion. Anciennement orientée vers l’ingénierie, elle s’est reconvertie en bac pro couture, devient major de promotion et obtient une place au concours national Caudry. Au‑delà de l’atelier de retouches, elle propose réparation et création sur mesure et prévoit des cours de couture dès novembre, offrant une seconde vie à des vêtements appréciés.
Pour les métiers de bouche et les commerces en difficulté
Le secteur de la boulangerie est frappé par une liquidation, avec la vente des équipements des Saveurs Dorées, qui comptait des points de vente à Kermaria‑Sulard, Louannec et Penvénan. Près de 100 enchérisseurs, physiques et en ligne, se sont disputé les 80 lots mis en vente. Si cette opération permet à de nouveaux artisans de s’équiper à moindre coût, elle illustre aussi les défis croissants du métier de boulanger, essentiel dans les bourgs.
Pour la suite, les murs des Saveurs Dorées de Penvénan ont trouvé preneur, mais ceux de Louannec et Kermaria‑Sulard restent sans repreneur à ce jour, en attendant de nouvelles candidatures pour redonner vie à ces commerces.
Après 13 ans derrière le comptoir, Annie Le Rolland a rangé son tablier au Mojito à Loguivy‑Plougras. Le 24 janvier, elle et son mari ont vécu leur dernière soirée dans cet établissement devenu un lieu de vie depuis 2013. Une reprise est attendue d’ici une quinzaine de jours, sans que le bar‑tabac ne ferme définitivement, et le Mojito demeure un repère pour les habitants, le journal, le café et les rencontres.
Dans une autre photograhie du littoral, le café‑restaurant Les Triagoz, à Trégastel, a été placé en liquidation judiciaire le 20 janvier 2026 par le tribunal de commerce de Saint‑Brieuc. Rarement éloigné du littoral, cet établissement, qui dominait l’une des zones touristiques de la Côte de Granit Rose, devra voir son avenir être examiné de près dans les mois à venir.