Accueil Loisirs et divertissementsArtsUn tableau ‘vide’ vendu 18 200 $ à Milan déclenche polémique

Un tableau ‘vide’ vendu 18 200 $ à Milan déclenche polémique

par Sara
Italie, Monde

La vente d’œuvres « invisibles » par l’artiste italien Salvatore Garau à Milan a suscité stupéfaction et moqueries sur les réseaux sociaux après que des acheteurs ont déboursé des sommes importantes pour des espaces vides censés représenter des sculptures imaginaires.

Sur la piazza della Scala, Garau a présenté une installation intitulée « Io sono » (je suis) — un carré blanc tracé au sol invitant le public à imaginer la présence d’une statue à l’intérieur de cet emplacement. Selon l’artiste, il ne s’agit pas d’un simple vide, mais d’un espace « rempli d’énergie » que l’imagination du spectateur complète.

Ventes et certificats d’authenticité

Ce qui a surpris au-delà de la performance, ce sont les montants obtenus lors des enchères. L’artiste avait estimé l’œuvre à environ 11 000 dollars, mais la pièce s’est vendue en salle à 18 200 dollars. Par la suite, une autre œuvre immatérielle, intitulée « Davanti a te » (je suis devant toi), aurait été cédée pour 31 000 dollars.

Chaque acquéreur a reçu un certificat d’authenticité signé par Garau, daté d’avril 2020, précisant des règles strictes pour l’exposition de la « non-œuvre ». Parmi ces consignes figurent :

  • réserver un espace libre de deux mètres sur deux,
  • éviter toute présence de mobilier dans cette zone,
  • ne jamais sortir l’œuvre du domicile où elle est installée.

Blanchiment d’argent ou excentricité ?

La polémique a pris de l’ampleur après la diffusion des images et des échanges sur les réseaux sociaux, relayés par une émission consacrée à l’activité en ligne. Les réactions ont oscillé entre moquerie, sarcasme et soupçons de manœuvres financières douteuses.

Certains internautes ont raillé le principe même d’acheter « de l’air », qualifiant la transaction d’absurde. D’autres ont émis l’hypothèse que de telles ventes pouvaient servir à masquer des opérations de blanchiment d’argent, tandis que d’autres enfin ont comparé cette spéculation à celle observée autour des cryptomonnaies, pointant l’absence de repères tangibles chez certains investisseurs.

Enfin, plusieurs observateurs se sont étonnés de l’attention accordée à ces œuvres immatérielles par les médias et les responsables culturels, estimant que ce type d’événement interroge autant la valeur accordée à l’art que le rôle du marché qui l’entoure.

Au-delà de la polémique, cette affaire relance le débat sur les frontières entre création artistique, provocations conceptuelles et logique marchande. Tandis que certains défendent la capacité de l’art à interroger nos perceptions, d’autres considèrent que la commercialisation d’« absences » pose des questions éthiques et économiques difficilement éludables.

source:https://www.aljazeera.net/misc/2026/1/31/%d9%84%d9%88%d8%ad%d8%a9-%d9%81%d8%a7%d8%b1%d8%ba%d8%a9-%d8%b9%d9%84%d9%89-%d8%a7%d9%84%d8%a3%d8%b1%d8%b6-%d8%a8%d9%8018-%d8%a3%d9%84%d9%81-%d8%af%d9%88%d9%84%d8%a7%d8%b1

Cela pourrait vous intéresser

Laisser un commentaire