Accueil ActualitéHRW : Israël accusée de crimes de guerre en Palestine (2025)

HRW : Israël accusée de crimes de guerre en Palestine (2025)

par Sara
Palestine, Israël, États-Unis

Human Rights Watch affirme, dans son rapport annuel publié mercredi, qu’Israël a commis en 2025 des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et des actes d’épuration ethnique contre les Palestiniens à Gaza et en Cisjordanie. Le document, qui couvre la situation des droits humains dans plus de cent pays, qualifie l’ampleur des exactions de «sans précédent» dans l’histoire récente du conflit, et pointe une complicité américaine.

Bilan à Gaza

Selon le rapport, après la rupture du cessez-le-feu par l’armée israélienne le 18 mars 2025, plus de 13 500 Palestiniens ont été tués à Gaza jusqu’à octobre, date du second accord de trêve, d’après les chiffres publiés par les autorités sanitaires du territoire. Human Rights Watch estime cependant que le nombre réel de victimes est probablement supérieur, car il n’intègre pas ceux enterrés sous les décombres ni ceux décédés des suites de maladies, de la faim ou du manque d’eau.

En outre, le rapport souligne qu’un blocus de onze mois a empêché l’acheminement d’une grande partie de l’aide alimentaire, contribuant à des épisodes de famine dans la ville de Gaza et ses environs. Les coupures prolongées d’électricité et d’eau, associées à l’interruption du carburant nécessaire au fonctionnement des pompes et des installations de traitement, ont provoqué une crise sanitaire majeure.

Des crimes variés et ciblés

Human Rights Watch décrit plusieurs pratiques qu’elle qualifie de crimes : privation délibérée d’eau et d’électricité, attaques contre des infrastructures civiles, destruction massive du bâti et ordres de déplacement forcé. L’ONG juge que l’interdiction d’accès aux ressources essentielles et la mise en péril délibérée de la vie des civils peuvent constituer des crimes contre l’humanité et, dans certains cas, des actes d’extermination.

Par ailleurs, le rapport met en avant la destruction d’environ 80 % des bâtiments de Gaza et la quasi-disparition des écoles, un fait que l’organisation considère comme relevant d’une logique d’épuration ethnique en rendant la bande de Gaza impropre à la vie. Human Rights Watch dénonce aussi les attaques répétées visant les journalistes, le personnel médical et les ambulances, ainsi que les bombardements de centres de soins.

La situation en Cisjordanie

En Cisjordanie, l’ONG relève également des atteintes graves aux droits humains et des éléments qualifiables de crimes de guerre et d’épuration ethnique. Parmi les faits rapportés : le délogement forcé de trois camps au nord de la Cisjordanie (Jénine, Toulkarem et Nour Shams) qui a entraîné le déplacement de plus de 32 000 Palestiniens, le plus important exode dans cette région depuis 1967.

Le rapport ajoute que les forces israéliennes ont tué environ 182 Palestiniens en Cisjordanie au cours de l’année 2025, et qu’elles ont imposé des restrictions sévères à la liberté de circulation, amplifiées par la poursuite des constructions du mur de séparation. En parallèle, la violence des colons a atteint son plus haut niveau en 18 ans, selon Human Rights Watch, encouragée selon l’ONG par des politiques locales tolérantes et par l’approbation de nouvelles constructions dans les colonies.

Arrestations, torture et conséquences humanitaires

Le rapport documente aussi l’arrestation et la torture de milliers de Palestiniens, y compris des enfants et des femmes, privés d’accès à des soins appropriés. Ces pratiques sont signalées tant dans la bande de Gaza que dans les territoires occupés de Cisjordanie, aggravant la détérioration des conditions de vie et la crise humanitaire déjà profonde.

En conséquence, l’ONG alerte sur les risques à long terme pour la santé mentale et physique des populations affectées, et sur la destruction des infrastructures sociales et éducatives qui compromettra la reconstruction et la stabilité future.

Complicité américaine et appel à une nouvelle alliance

Human Rights Watch accuse l’administration américaine d’avoir facilité ces crimes en apportant un soutien politique et en prenant des mesures qui, selon l’ONG, la placent en partie du côté des opérations israéliennes. Le rapport pointe notamment des décisions qui, selon lui, ont affaibli le cadre international de protection des droits humains.

Face à ce constat, l’organisation appelle à la formation d’une nouvelle alliance internationale pour faire face aux acteurs qui, selon elle, sapent les droits humains et la démocratie, en citant explicitement le rôle joué par les autorités américaines dans la période étudiée.

En somme, le rapport annuel de Human Rights Watch présente une évaluation sévère des actions israéliennes en 2025, les qualifiant de crimes de guerre et d’atteintes aux droits fondamentaux, tout en demandant une réponse internationale renforcée pour protéger les civils et faire respecter le droit humanitaire.

source:https://www.aljazeera.net/news/2026/2/4/%d8%b1%d8%a7%d9%8a%d8%aa%d8%b4-%d9%88%d9%88%d8%aa%d8%b4-%d8%aa%d8%b1%d8%b5%d8%af-%d8%b9%d8%a7%d9%85%d8%a7-%d9%83%d8%a7%d9%85%d9%84%d8%a7-%d9%85%d9%86-%d8%a7%d9%84%d8%ac%d8%b1%d8%a7%d8%a6%d9%85

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