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Les États‑Unis ont vivement critiqué l’expulsion décidée par l’Afrique du Sud à l’encontre du chargé d’affaires israélien, dénonçant une démarche qu’ils estiment motivée par « la politique des griefs » plutôt que par l’intérêt national. Cette expulsion diplomatique Afrique du Sud Israël a déclenché une réponse immédiate d’Israël et accentué une détérioration déjà profonde des relations bilatérales.
Réactions américaines
Washington a qualifié la décision sud‑africaine de contre‑productive. Tommy Beigott, porte‑parole adjoint du département d’État, a déclaré sur le réseau X que l’expulsion d’un diplomate en raison de ses critiques sur les liens entre l’ANC et des mouvements tels que le Hamas reflète une priorité accordée aux ressentiments politiques au détriment des intérêts des Sud‑Africains.
Selon l’administration américaine, ce type de mesure risque d’affaiblir les canaux diplomatiques utiles pour résoudre des différends et protéger les citoyens des deux pays, dans un contexte déjà tendu.
Motifs avancés par Pretoria
Le gouvernement sud‑africain a annoncé que le chargé d’affaires israélien, Ariel Siedman, avait été déclaré persona non grata et sommé de quitter le pays sous 72 heures. Le ministère des Relations internationales et de la Coopération a évoqué « une série de violations inacceptables des normes et pratiques diplomatiques ».
Parmi les comportements incriminés, Pretoria cite l’utilisation répétée de plateformes officielles israéliennes pour porter des attaques contre le président Cyril Ramaphosa ainsi que le manquement délibéré à informer les autorités sud‑africaines de visites potentielles de hauts responsables israéliens.
Le ministère a estimé que ces agissements constituent une « violation substantielle » de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques, et qu’ils ont sapé la confiance et les protocoles fondamentaux des relations bilatérales.
Riposte israélienne
Dans la foulée, Israël a pris des mesures réciproques en déclarant le chef de la mission sud‑africaine à Tel‑Aviv persona non grata, avec la même injonction de départ sous 72 heures. Tel Aviv a qualifié la décision sud‑africaine d’« attaque malveillante » sur la scène internationale.
Ce bras de fer diplomatique illustre l’escalade entre les deux États, marquée par des réponses symétriques et un durcissement des postures officielles.
Contexte et enjeux juridiques
Ces tensions s’inscrivent dans un contexte plus large, notamment après le conflit dans la bande de Gaza et les prises de position juridiques et politiques de l’Afrique du Sud. Le 29 décembre 2023, Pretoria a saisi la Cour internationale de Justice, accusant Israël de violations de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide de 1948.
Au‑delà des actes symboliques d’expulsion, les différends juridiques et diplomatiques pourraient avoir des répercussions durables sur la coopération bilatérale, les échanges diplomatiques et la posture des partenaires internationaux vis‑à‑vis des deux pays.
Pour l’heure, la situation reste volatile et susceptible de nouvelles mesures réciproques. Les déclarations publiques des capitales montrent que la dissension est aujourd’hui autant politique que diplomatique, rendant toute désescalade délicate sans initiatives de dialogue soutenu.