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Éthiopie accuse l’Érythrée d’occupation et menace d’escalade

par Sara
Éthiopie, Érythrée

L’Éthiopie accuse son voisin, l’Érythrée, d’avoir mené des « actes d’agression » et d’occuper des portions de son territoire le long de la frontière, relançant les inquiétudes sur une possible escalade des tensions Éthiopie Érythrée dans la Corne de l’Afrique.

Accusations et mise en demeure

Dans une lettre datée du 7 février, le ministre éthiopien des Affaires étrangères a adressé des reproches directs à son homologue érythréen, qualifiant toute pénétration des forces érythréennes en territoire éthiopien de « pas simplement une provocation, mais un acte d’agression manifeste ». Addis-Abeba exige le retrait immédiat des troupes et la fin de toute coopération avec des groupes armés.

Le ministre met en garde contre « un risque d’escalade » après la détection de manœuvres conjointes entre l’armée érythréenne et des groupes armés éthiopiens près de la frontière nord-ouest. Toutefois, il a précisé que l’Éthiopie demeure ouverte au dialogue, à condition que l’intégrité de son territoire soit respectée.

Par ailleurs, Addis-Abeba a déclaré sa volonté d’engager des négociations « de bonne foi » sur les points en suspens, notamment la question cruciale de l’accès à la mer Rouge via le port d’Assab en Érythrée.

Présence en Tigré et allégations de crimes

L’Érythrée déploie des forces dans la région du Tigré, au nord de l’Éthiopie, depuis le déclenchement du conflit en novembre 2020. Ces troupes avaient soutenu l’armée fédérale éthiopienne dans ses opérations contre les autorités locales issues du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Malgré l’accord de paix signé à Pretoria en novembre 2022 entre Addis-Abeba et les autorités du Tigré, des responsables éthiopiens affirment que des unités érythréennes sont restées sur place, en contradiction avec les engagements implicites de retrait. Ils accusent également ces forces de s’allier à des éléments du TPLF et de se préparer activement à un nouveau conflit contre l’Éthiopie.

Le Premier ministre éthiopien a, pour la première fois récemment, imputé à l’Érythrée des « massacres » commis pendant la guerre du Tigré entre 2020 et 2022 — allégations fermement réfutées par Asmara. L’ampleur des pertes liées au conflit régional reste élevée selon diverses estimations, alimentant les tensions et les inquiétudes humanitaires.

Un passé conflictuel et des risques régionaux

La détérioration actuelle s’inscrit dans un long contentieux. Les deux pays ont mené une guerre frontalière meurtrière entre 1998 et 2000, qui a fait des dizaines de milliers de morts avant une normalisation amorcée en 2018.

La réouverture des tensions et les discours sur le droit de l’Éthiopie à un accès maritime — perçus par Asmara comme une atteinte à sa souveraineté — rappellent combien la région reste vulnérable à une reprise des hostilités. Les observateurs soulignent que toute nouvelle confrontation aurait des répercussions immédiates sur la stabilité et la sécurité dans la Corne de l’Afrique.

Face à cette montée des tensions Éthiopie Érythrée, les appels à la retenue et à la remise au dialogue des différends se multiplient, tandis que la communauté régionale et internationale suit de près l’évolution de la situation.

source:https://www.aljazeera.net/news/2026/2/9/%d8%a5%d8%ab%d9%8a%d9%88%d8%a8%d9%8a%d8%a7-%d8%aa%d8%aa%d9%87%d9%85-%d8%a5%d8%b1%d9%8a%d8%aa%d8%b1%d9%8a%d8%a7-%d8%a8%d8%b4%d9%86-%d8%b9%d8%af%d9%88%d8%a7%d9%86-%d8%b5%d8%b1%d9%8a%d8%ad

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