La zone euro a retrouvé un peu d’élan en juillet : l’activité privée est revenue en territoire d’expansion, portée par les services. Dans le même temps, l’inflation annuelle est remontée à 2,9 % et l’énergie a de nouveau constitué sa composante la plus dynamique. Ces deux mouvements ne racontent pas une reprise sans nuages : ils décrivent une économie qui résiste, alors que le choc énergétique continue de brouiller la trajectoire des prix et du crédit.
Trois indicateurs à lire ensemble
| Indicateur | Dernière donnée | Lecture |
|---|---|---|
| PMI composite | 52,0 en juillet, après 50,0 | Un niveau supérieur à 50 signale une expansion de l’activité privée. |
| Inflation annuelle | 2,9 % en juillet, après 2,8 % | L’estimation rapide place l’énergie à 10,0 % sur un an. |
| Taux de dépôt de la BCE | 2,25 % | Le Conseil des gouverneurs l’a maintenu le 23 juillet. |
Le PMI n’est pas une prévision de croissance. Il donne toutefois une photographie utile du rythme de l’activité : son passage au-dessus de 50 en juillet met fin à quatre mois sous ce seuil pour l’indicateur composite. Le rebond provient notamment des services, dont l’indice est passé de 49,4 à 51,7.
Les services relancent l’activité, avec une France encore à part
La hausse du PMI composite à 52,0 correspond à un plus haut de huit mois. Les nouvelles commandes ont accéléré, tandis que le recul des commandes à l’export s’est atténué. L’emploi a, lui, cessé de reculer en juillet après six mois de baisse. L’amélioration est large dans la zone euro, mais elle n’est pas uniforme : la France reste en contraction, même si le rythme du repli y ralentit.
Cette amélioration n’efface pas les fragilités relevées par la BCE. Son bulletin publié le 6 août évoque une progression encore modérée à court terme et un environnement marqué par l’incertitude. Les entreprises et les ménages restent confrontés au renchérissement de l’énergie et aux risques de perturbations d’approvisionnement. Le redémarrage observé dans les enquêtes ne permet donc pas, à lui seul, de conclure que l’activité est durablement sortie de cette phase de tension.
L’énergie revient au centre du signal inflationniste
L’estimation rapide d’Eurostat fait passer l’inflation de la zone euro de 2,8 % en juin à 2,9 % en juillet. Le détail est décisif : la hausse annuelle des prix de l’énergie atteint 10,0 %, contre 8,5 % un mois plus tôt. Les services progressent de 3,3 %, les produits alimentaires, l’alcool et le tabac de 1,2 %, et les biens industriels hors énergie de 0,9 %.
Ce profil explique la prudence monétaire. La BCE constate que les effets du choc énergétique sur l’inflation ne se sont pas encore totalement matérialisés. Quand les intrants deviennent plus coûteux, les entreprises peuvent être conduites à relever leurs prix de vente; l’ampleur et la durée de cette transmission restent toutefois incertaines. Les chiffres complets de juillet, attendus le 19 août, permettront de préciser cette première estimation.
Une BCE en attente, dans un crédit un peu plus contraint
Le 23 juillet, le Conseil des gouverneurs a laissé ses trois taux directeurs inchangés : 2,25 % pour la facilité de dépôt, 2,40 % pour les opérations principales de refinancement et 2,65 % pour la facilité de prêt marginal. L’institution ne s’engage pas à l’avance sur la suite de sa trajectoire et dit décider réunion après réunion à partir des données disponibles.
Pour les ménages et les entreprises, le contexte reste celui d’un financement plus exigeant. La BCE indique que les taux hypothécaires sont montés de 3,4 % en avril à 3,5 % en mai et que les critères d’octroi des prêts immobiliers se sont durcis au deuxième trimestre. Côté entreprises, les critères de crédit se sont aussi légèrement resserrés. Le regain d’activité des services intervient donc sans retour à des conditions financières plus souples.
Les prochaines données qui départageront les deux tendances
- La publication complète des indices de prix de juillet par Eurostat, programmée le 19 août, précisera la composition de l’inflation.
- Les prochains indicateurs d’activité diront si le rebond des services se prolonge au-delà de juillet.
- La BCE suivra l’intensité et la durée du choc énergétique, ainsi que ses répercussions possibles sur les prix, les salaires et la demande.
