Le taux de chômage a atteint 8,3 % de la population active en France au deuxième trimestre 2026, en hausse de 0,2 point sur trois mois. La progression porte le nombre de personnes au chômage au sens du BIT à 2,7 millions, soit 62 000 de plus qu’au trimestre précédent. Le mouvement intervient alors que l’emploi salarié privé a légèrement reculé entre mars et juin.
Ce chiffre ne résume pas à lui seul le marché du travail. Il mesure une situation précise — être sans emploi, disponible pour travailler et en rechercher un — tandis que les données d’inscription à France Travail suivent un autre périmètre. Les lire côte à côte permet de mieux cerner le signal conjoncturel, à condition de ne pas les additionner ni de les traiter comme des équivalents.
Le chômage BIT revient à 8,3 %
Le taux progresse de 0,7 point sur un an. Il atteint son niveau le plus élevé depuis le troisième trimestre 2020, période marquée par la crise sanitaire, et depuis le troisième trimestre 2019 auparavant. Il reste néanmoins inférieur de 2,2 points au point haut de mi-2015.
| Indicateur | Niveau | Évolution trimestrielle |
|---|---|---|
| Chômage au sens du BIT | 8,3 % / 2,7 millions | +0,2 point / +62 000 personnes |
| Emploi salarié privé | — | -0,1 % / -19 300 emplois |
| Inscrits France Travail, catégories A, B, C | 5 801 500 | +1,3 % / +73 500 inscrits |
La hausse du taux de chômage touche les trois grandes tranches d’âge: 21,6 % chez les 15-24 ans, 7,5 % chez les 25-49 ans et 5,5 % chez les 50 ans ou plus. Sur le trimestre, le taux d’emploi des 15-64 ans diminue de 0,3 point pour s’établir à 69,0 %.
Pourquoi les compteurs ne se superposent pas
Le chômage au sens du BIT est issu de l’enquête Emploi. Il ne comptabilise pas simplement les personnes inscrites auprès de France Travail. À l’inverse, les catégories A, B et C regroupent les inscrits tenus de rechercher un emploi, y compris des personnes qui exercent une activité réduite dans les catégories B et C.
Cette différence de construction explique qu’une hausse des inscriptions ne soit pas automatiquement la traduction, point pour point, d’une hausse du chômage BIT. Elle impose aussi de la prudence dans les comparaisons avec les périodes antérieures, malgré les séries ajustées et les indicateurs complémentaires mis à disposition.
L’emploi privé recule légèrement, l’intérim davantage
Entre mars et juin, l’emploi salarié du secteur privé baisse de 0,1 %, après un recul de même ampleur au trimestre précédent. Sur un an, il se situe 0,4 % sous son niveau du deuxième trimestre 2025, soit 79 700 emplois de moins. L’emploi intérimaire diminue de 1,4 % sur le trimestre, représentant 9 700 emplois.
Ces évolutions ne suffisent pas à isoler une cause à la remontée du chômage: les données ne décrivent pas un mécanisme unique. Elles dessinent toutefois un trimestre moins porteur, avec un taux d’emploi en baisse et un emploi salarié privé qui cesse de progresser.
Le prochain point de comparaison
La prochaine publication trimestrielle sur le chômage au sens du BIT est annoncée pour le 10 novembre 2026. Elle permettra de déterminer si la remontée observée au printemps se prolonge, se stabilise ou s’inverse, avec une série désormais étendue à Mayotte et rétropolée pour permettre les comparaisons dans le temps.
