Accueil ActualitéAgricultureAgriculteurs à Paris : 500 tracteurs devant le Parlement

Agriculteurs à Paris : 500 tracteurs devant le Parlement

par Sara
France, Union européenne, Mercosur (Amérique du Sud)

Le périmètre de l’Assemblée nationale s’est transformé en une vaste zone de tension silencieuse : quelque 500 tracteurs et des centaines d’agriculteurs ont occupé les abords du Parlement à Paris, dans une manifestation visant directement le cœur des décisions politiques. Cette action, rare par son ampleur au pied de l’institution législative, visait à alerter sur la dégradation des revenus agricoles et sur les conséquences d’une ouverture commerciale perçue comme déséquilibrée.

Symbolisme et unité du message

Les manifestants n’ont pas choisi ce lieu par hasard. En se positionnant devant l’Assemblée nationale, ils ont voulu illustrer que leurs revendications concernent autant la législation que les négociations commerciales internationales.

Malgré un déploiement policier présent, le rassemblement est resté globalement calme, mais lourd de sens : la présence de quelque 500 tracteurs dans une zone sensible a souligné le niveau d’exaspération dans le secteur agricole. Les agriculteurs ont clairement fait savoir qu’ils étaient prêts à durcir le ton si les engagements gouvernementaux ne se traduisaient pas en mesures concrètes.

« Nous sommes partis lundi soir et sommes arrivés tôt mardi matin devant le Parlement. Nous réclamons toujours les mêmes choses, nous en avons assez des promesses non tenues », a déclaré Louis Marchand, agriculteur venu du nord de la France.

Revendi cations précises et pression économique

Les demandes portées par les syndicats et les manifestants vont au‑delà de slogans généraux : elles ciblent des dispositifs concrets qui, selon eux, entravent la viabilité des exploitations. Parmi les doléances, l’arrêt de toute approbation d’accord commercial qui permettrait l’entrée de produits agricoles ne respectant pas les normes françaises et européennes.

Marie‑Françoise Liebers, secrétaire générale d’un syndicat agricole national, a pointé la lourdeur administrative comme obstacle majeur : « Nous manifestons depuis deux ans pour que nos démarches soient simplifiées. Les exigences bureaucratiques ralentissent nos projets, notamment pour construire des bâtiments d’élevage. »

Plusieurs autres demandes ont été énoncées :

  • garantir des règles d’importation équivalentes à celles imposées aux producteurs nationaux ;
  • simplifier et accélérer les procédures administratives pour les fermes ;
  • améliorer l’accès au crédit, notamment par la restructuration de dettes et des prêts adaptés ;
  • renforcer les compensations financières pour les exploitations touchées par des crises sanitaires ou climatiques.

Le risque Mercosur au centre des inquiétudes

La perspective d’un accord entre l’Union européenne et le Mercosur a cristallisé une part importante des craintes. Les manifestants estiment que l’ouverture aux produits sud‑américains, souvent moins contraints par certaines normes sanitaires ou environnementales, créerait une concurrence déloyale menaçant la survie des exploitations françaises.

« Nous voulons pouvoir produire selon les mêmes règles que nos partenaires commerciaux », a expliqué Damien Radyé, venu du Val d’Oise. Selon les agriculteurs, les méthodes et traitements autorisés ailleurs — notamment pour les animaux — ne respectent pas les standards qui s’appliquent en France depuis des décennies.

Réponse gouvernementale et calendrier de mobilisation

Face à la pression, le gouvernement s’est engagé à ouvrir de nouvelles discussions. Après plusieurs heures de dialogue entre représentants agricoles et membres de l’exécutif, les responsables syndicaux ont dit attendre désormais des mesures tangibles.

Le Premier ministre a annoncé l’intention de présenter un « projet de loi agricole d’urgence » et a rappelé que la France doit agir dans le cadre des règles européennes, marquant ainsi les marges de manœuvre limitées de l’État. Pour autant, les syndicats jugent ces annonces insuffisantes et réclament des changements plus profonds, notamment sur l’accès au financement et la simplification des normes.

Les tracteurs ont progressivement levé le camp après le rendez‑vous avec la ministre de l’Agriculture, mais les syndicats ont prévenu qu’une nouvelle étape de mobilisation est prévue : si un accord UE‑Mercosur venait à être signé, une manifestation à Strasbourg est annoncée pour le 20 janvier, en coordination avec d’autres organisations agricoles européennes.

source:https://www.aljazeera.net/ebusiness/2026/1/15/%d8%b9%d9%88%d8%af%d8%a9-%d8%ac%d8%b1%d8%a7%d8%b1%d8%a7%d8%aa-%d8%a7%d9%84%d8%ba%d8%b6%d8%a8-%d8%a5%d9%84%d9%89-%d8%a8%d8%a7%d8%b1%d9%8a%d8%b3-%d9%85%d8%b2%d8%a7%d8%b1%d8%b9%d9%88

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