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Dimanche prochain, l’Australie se prépare à une vaste mobilisation nationale en soutien à Gaza sous le slogan « N’oubliez pas Gaza — ne vous taisez pas face au crime ». Des milliers de personnes sont attendues dans plusieurs grandes villes pour dénoncer ce que les organisateurs qualifient de catastrophe humanitaire: destruction d’hôpitaux et d’écoles, famine et violences massives contre les civils.
Les appels à la manifestation visent à rompre le silence politique et médiatique et à pousser les autorités à agir sur la scène internationale. Cette mobilisation marque une intensification du mouvement qui, depuis octobre 2023, s’exprime par des rassemblements réguliers dans tout le pays.
Une mobilisation nationale attendue
Melbourne et Sydney devraient accueillir des milliers de manifestants, tandis que Canberra, Brisbane, Adelaide et Perth organiseront des rassemblements significatifs. L’objectif affiché est de mettre en lumière la gravité de la crise humanitaire dans la bande de Gaza et de dénoncer ce que les manifestants qualifient de politique d’extermination et de siège.
- Villes concernées : Canberra, Melbourne, Sydney, Brisbane, Adelaide, Perth.
- Slogans et demandes : arrêt du soutien militaire, sanctions internationales, reconnaissance de l’État palestinien.
À Melbourne, ville réputée pour sa diversité culturelle et son activisme, les rassemblements hebdomadaires se poursuivent depuis octobre 2023, avec un point de départ habituel devant la State Library of Victoria.
Défis de sécurité et décisions judiciaires
Les organisateurs font face à des contraintes sécuritaires et administratives: certaines villes n’ont pas encore obtenu d’autorisation officielle pour les cortèges. À Brisbane, la police du Queensland a empêché le passage sur le Story Bridge pour des raisons de sécurité et de fluidité du trafic.
Les organisateurs contestent ces interdictions et indiquent leur intention de saisir la justice pour faire lever les restrictions. À Sydney, le 3 août, des dizaines de milliers de personnes ont traversé le Harbour Bridge malgré les mises en garde de la police.
La Cour suprême avait alors autorisé la manifestation; la participation a été estimée à 90 000 selon la police et jusqu’à 300 000 d’après les organisateurs. Le rassemblement s’est déroulé sans blessés majeurs, grâce à la coopération des participants et des organisateurs.
- Itinéraires annoncés : Melbourne — State Library of Victoria (midi); Adelaide — Victoria Square vers le Parlement; Brisbane — Raymond Park; Perth — Forrest Square vers Hyde Park.
Un tournant dans le mouvement
Nasser Meshni, président du réseau de soutien à la Palestine en Australie, décrit l’événement comme une rupture dans la dynamique des protestations. Selon lui, la mobilisation nationale traduit un passage des rassemblements hebdomadaires à une contestation organisée et d’envergure nationale.
Les revendications mises en avant par le collectif organisateur sont claires et répétées:
- Exiger un cessez-le-feu immédiat à Gaza.
- Imposer des sanctions internationales contre Israël et arrêter l’exportation d’armes.
- Expulser l’ambassadeur israélien et rappeler l’ambassadeur australien de Tel-Aviv.
- Engager des poursuites devant la Cour pénale internationale contre les responsables, y compris le premier ministre israélien.
Les organisateurs insistent sur le caractère humanitaire des manifestations, visant à dénoncer la destruction des infrastructures civiles et la privation de ressources vitales pour les populations piégées.
Diversité des participants et obstacles rencontrés
Les protestations australiennes se distinguent par la pluralité de leurs participants: Arabes, Africains, syndicats, étudiants, mouvements féministes et même des juifs opposés au sionisme. Cette composition variée élargit l’appel et transforme la solidarité en un mouvement transcendant les identités individuelles.
Cependant, des contraintes demeurent: la police a parfois limité l’usage de mégaphones, imposé des conditions supplémentaires ou sanctionné des participants. Des étudiants et des fonctionnaires ont également reçu des avertissements en raison de publications favorables à la Palestine.
Parallèlement, la narration médiatique traditionnelle a souvent présenté les manifestants comme des « fauteurs de troubles », tandis que les médias indépendants et les réseaux sociaux ont joué un rôle central pour relayer la voix palestinienne et la perspective du street movement.
Le cas de la journaliste Antoinette Lattouf — licenciée en décembre 2023 après avoir partagé un rapport dénonçant l’usage de la famine comme arme de guerre, puis rétablie par la justice — a mis en lumière les pressions pesant sur les voix pro-palestiniennes au sein des démocraties occidentales.
Pression croissante et message attendu
Les organisateurs prévoient une participation massive qui, selon eux, accentuera la pression contre la poursuite des opérations militaires à Gaza. Les observateurs estiment que le mouvement reflète un changement profond dans la conscience publique australienne, en particulier chez les jeunes.
Pour les militants, la manifestation n’est pas un événement isolé mais l’ouverture d’un nouveau chapitre dans la lutte pour la justice et le respect des droits humains. Leur message principal pour le monde ce dimanche: le silence n’est pas une option quand Gaza est en flammes.
- Mot d’ordre central : mettre fin à la violence et obtenir justice internationale.
- Mot-clé de mobilisation : manifestation Gaza Australie, reprise dans les discours et les appels locaux.