Accueil ActualitéBusinessEconomie et financeFareed Zakaria : le monde s’adapte à une Amérique jugée peu fiable

Fareed Zakaria : le monde s’adapte à une Amérique jugée peu fiable

par Sara
États-Unis, Union européenne, Chine, Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay, Canada, Inde, Afrique du Sud

Pour le journaliste et analyste Fareed Zakaria, le monde s’ajuste déjà à une Amérique jugée de moins en moins fiable, une évolution qui remet en cause la confiance envers les États-Unis et redessine alliances et flux commerciaux. Selon lui, les décisions imprévisibles de Washington ont poussé des acteurs majeurs à diversifier leurs partenariats et à repenser leurs stratégies économiques.

L’Europe entre prudence et opportunisme

Face aux mesures protectionnistes américaines et à l’instabilité politique venue de Washington, l’Europe a adopté une posture plus mesurée et stratégique. Plutôt que d’entrer en confrontation directe, Bruxelles a choisi de désamorcer les tensions et de gagner du temps, évitant ainsi une escalade susceptible de fragiliser l’économie mondiale.

Cette prudence s’est accompagnée d’initiatives concrètes : l’Union européenne a finalisé un accord commercial majeur avec plusieurs pays d’Amérique latine, ouvrant la voie à l’une des plus vastes zones de libre-échange en termes de population, qui englobe plus de 700 millions de personnes.

Multiplication des partenariats commerciaux

Dans les dernières années, l’Union européenne a également apaisé plusieurs différends commerciaux avec la Chine sur des sujets sensibles comme les véhicules électriques, les subventions publiques et l’accès aux marchés. Progressivement, l’UE commence à voir Pékin non seulement comme un concurrent à surveiller, mais comme un partenaire incontournable.

Par ailleurs, Bruxelles a intensifié son engagement en Asie du Sud‑Est en concluant des accords bilatéraux importants et en recherchant d’autres partenariats avec la région, qui est devenue le troisième partenaire commercial de l’Union.

  • Accords renforcés avec l’Amérique latine (Mercosur).
  • Accords commerciaux signés en Asie du Sud-Est.
  • Dialogue apaisé sur les différends industriels avec la Chine.

Le repositionnement du Canada

À l’image de l’Europe, le Canada revoit aussi sa relation avec son voisin du Sud. Le nouveau Premier ministre a déclaré vouloir réduire la dépendance envers Washington et diversifier les partenaires commerciaux, avec pour objectif d’augmenter le volume des échanges avec d’autres pays d’au moins 50 % sur la prochaine décennie.

Ce virage traduit, selon Zakaria, un « tournant stratégique » : Ottawa cherche désormais à se prémunir contre les aléas des politiques américaines et à construire des réseaux économiques alternatifs.

La montée en puissance de la Chine

Les indicateurs commerciaux chinois montrent que le monde ne se détourne pas de Pékin ; au contraire, les échanges de la Chine continuent de croître. En 2025, l’excédent commercial chinois a atteint des niveaux très élevés, tandis que ses relations économiques se sont étendues à l’Amérique latine, à l’Afrique, à l’Europe et au reste de l’Asie.

Pour Zakaria, les droits de douane américains n’ont pas réussi à isoler la Chine : ils ont plutôt encouragé de nombreux pays à maintenir ou renforcer leurs liens commerciaux avec Pékin.

Perceptions internationales et enjeux pour l’avenir

Les sondages internationaux reflètent ce basculement d’opinion : dans plusieurs pays émergents, la préférence pour une alliance menée par les États-Unis a nettement diminué au profit d’approches plus diversifiées. De même, dans un échantillon de dix pays européens, une part limitée des répondants qualifiait les États-Unis d’« allié », même si la majorité continue de les considérer comme un partenaire important.

Zakaria en conclut que la puissance future des États-Unis est désormais en jeu. Pendant ce temps, la Chine bâtit ce que l’auteur qualifie de l’un des systèmes économiques les plus résilients de l’ère moderne, reposant sur des chaînes d’approvisionnement étendues, des flux commerciaux dynamiques et des relations stratégiques accrues.

Une fenêtre d’action manquée pour Washington

Selon l’analyse présentée, la réponse américaine la plus plausible serait de construire une architecture économique alternative en s’appuyant sur un large réseau d’alliés détenant technologies avancées, capitaux et main-d’œuvre qualifiée. Cependant, cette opportunité a été en grande partie compromise.

Zakaria critique l’approche américaine qui a traité ses partenaires comme de simples clients commerciaux, recourant aux tarifs douaniers comme instrument de pression et transformant des engagements à long terme en levier d’extorsion. Ce comportement a incité d’autres pays à prendre des mesures préventives et à rechercher des solutions moins dépendantes de Washington.

source:https://www.aljazeera.net/news/2026/1/17/%d9%81%d8%b1%d9%8a%d8%af-%d8%b2%d9%83%d8%b1%d9%8a%d8%a7-%d9%87%d9%83%d8%b0%d8%a7-%d8%b1%d8%af-%d8%a7%d9%84%d8%b9%d8%a7%d9%84%d9%85-%d8%b9%d9%84%d9%89-%d8%a3%d9%85%d9%8a%d8%b1%d9%83%d8%a7

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