Le gouvernement annonce viser un rendement de 4,2 milliards d’euros dès 2026 via une mesure de suppression jours fériés, invitant les partenaires sociaux à se prononcer et à négocier cet été sur les modalités d’application.
Suppression jours fériés : rendement attendu et jours ciblés

BERTRAND GUAY / AFP
Selon un document d’orientation adressé aux partenaires sociaux et consulté par l’AFP, le gouvernement envisage d’inscrire « en projet de loi de finances pour 2026 une mesure de suppression du caractère férié de deux jours, le lundi de Pâques et le 8 mai », applicable aux salariés du secteur privé comme du public. Le texte précise toutefois que « le choix des deux jours concernés peut encore être « discuté » ». Le gain attendu pour les finances publiques est de 4,2 milliards d’euros à compter de 2026.
La suppression de deux jours fériés est présentée par l’exécutif comme un levier permettant d’« augmenter le volume annuel de travail, produire davantage et renforcer la compétitivité économique de la France ». Les modalités pratiques de mise en œuvre devront être arrêtées lors des échanges avec les organisations représentatives.
Le Premier ministre François Bayrou avait évoqué le 15 juillet la suppression de deux jours fériés « pour participer à l’effort budgétaire ». Le document d’orientation, envoyé samedi aux partenaires sociaux, accompagne également une « lettre de cadrage » sur l’assurance chômage, qui fixe la feuille de route pour une réforme visant à réaliser « 2 à 2,5 milliards d’euros » d’économies par an de 2026 à 2029.
Calendrier des discussions et conditions proposées
Le gouvernement demande aux partenaires sociaux de lui faire savoir « d’ici au 1er septembre » s’ils souhaitent engager une négociation. Si des pourparlers sont lancés, ils devront se conclure « au plus tard le 30 septembre ». Le calendrier de la réforme budgétaire prévoit ainsi une décision rapide avant la présentation du projet de loi de finances pour 2026.
Sur le plan des compensations, le document indique explicitement : « Les salariés mensualisés et les agents publics ne seront pas rémunérés davantage pour ces nouvelles heures de travail ». En complément, « en contrepartie, les employeurs du secteur privé s’acquitteront d’une contribution qui sera affectée au budget de l’Etat », dispositif calqué sur celui de la journée de solidarité.
La proposition conserve la possibilité d’aménager le choix des jours concernés et la nature des contributions, sous réserve d’un accord avec les partenaires sociaux et des arbitrages politiques ultérieurs. Les discussions porteront notamment sur l’application uniforme au public et au privé et sur les modalités pratiques de recouvrement de la contribution employeur.
Le document reçu par les organisations syndicales et patronales précise par ailleurs que cette mesure s’inscrit dans une démarche plus large de maîtrise des dépenses publiques, complétée par la réforme de l’assurance chômage mentionnée dans la lettre de cadrage.
Les prochaines étapes formelles consistent donc à recueillir les réponses des partenaires sociaux d’ici au 1er septembre, à conduire d’éventuelles négociations au cours du mois de septembre et, le cas échéant, à inscrire la mesure dans le projet de loi de finances pour 2026.