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    Que signifie le financement du projet de route de développement en Irak

    Que signifie le financement du projet de route de développement en Irak

    L’Irak s’efforce depuis plusieurs années de renforcer sa position géopolitique en tant que couloir pour le commerce mondial, tout en générant des revenus financiers diversifiés et en créant des milliers d’opportunités d’emploi. Ce projet vise ainsi à réduire progressivement la dépendance totale aux revenus d’exportation de pétrole et de ses dérivés, qui représentent environ 95 % du produit intérieur brut (PIB) du pays, plaçant l’Irak dans la catégorie des économies rentières. La fluctuation des prix du pétrole mondial pousse donc le gouvernement irakien à éviter les pressions potentielles qui en découleraient.

    Parmi les projets ambitieux initiés par le gouvernement du Premier ministre Mohammed Shyaa Al-Soudani depuis sa formation en octobre 2022, figure celui du projet de route de développement. Ce projet a été lancé alors que le climat social en Irak était marqué par une vague de mécontentement, avec un taux de chômage de 16,5 % en début 2024 et un taux de pauvreté atteignant environ 22 %, selon les chiffres du ministère de la Planification, sans compter la fragmentation politique.

    Une réponse aux critiques de corruption

    Al-Soudani semble souhaité se démarquer de la réputation de corruption qui a entaché les gouvernements précédents, en renforçant le fonctionnement de l’Autorité de lutte contre la corruption et en lançant des projets majeurs pour diversifier l’économie du pays. Le projet de route de développement a été annoncé en mai 2023 lors d’un sommet régional avec la participation de responsables turcs et de pays du Golfe.

    Ce projet, qui inclut une route terrestre et des lignes ferroviaires, représente la colonne vertébrale pour relier le Golfe aux frontières turques. L’Irak ambitionne de devenir un point stratégique pour le transport de marchandises entre le Moyen-Orient et l’Europe, avec un coût estimé à environ 17 milliards de dollars et une longueur de 1200 kilomètres à l’intérieur du pays.

    Critiques concernant la faisabilité

    Le projet a été critiqué depuis son lancement, notamment en raison de l’absence d’études spécialisées sur sa viabilité économique, ce qui pourrait compromettre la valeur stratégique du projet. Il existe également des divergences au sein même des ministères irakiens impliqués. D’autres défis se sont également manifestés, tels que l’incapacité du gouvernement à attirer les investissements escomptés dans un environnement jugé peu attractif à cause d’un climat de corruption paralysant de nombreux projets antérieurs.

    Le gouvernement irakien a toutefois décidé de poursuivre le projet. Le 6 août, lors d’une réunion, il a été décidé de financer le projet directement depuis le budget national et d’établir des partenariats avec le secteur privé. Le ministre des Transports, Razak Muhibis Al-Saadawi, a déclaré que le conseil des ministres avait approuvé l’inclusion de la première phase du projet dans le budget d’investissement pour 2024.

    Préoccupations quant à la transparence

    Lors de cette réunion, le ministre a demandé aux entités concernées de commencer les démarches nécessaires pour confier le projet de conception et de vérification des travaux ferroviaires à une entreprise de conseil italienne dans les 15 jours. Toutefois, l’engagement du gouvernement à faire avancer le projet suscite des doutes sur son avenir et sur le niveau de transparence attendu dans la gestion de ses conséquences économiques et politiques.

    Le chercheur économique et consultant en économie des transports, Ziad Al-Hashemi, a souligné que le projet de route de développement, dans sa forme actuelle, n’est pas attrayant pour les investissements en raison de sa non-compétitivité par rapport à d’autres corridors de transport internationaux. Par conséquent, le risque d’ouvrir la porte à de nouvelles occasions de corruption et de retarder le projet est bien réel.

    Un projet ambitieux avec des enjeux énormes

    Pour comprendre le rôle que le port de Faw peut jouer dans le projet de route de développement, il convient de mentionner une étude du Centre Malcolm Kerr-Carnegie pour le Moyen-Orient, qui affirme que le port de Faw pourrait devenir, une fois achevé, le plus grand port du Moyen-Orient, consolidant ainsi le rôle de l’Irak dans le Golfe.

    En décembre 2020, le gouvernement irakien avait signé un contrat de 2,6 milliards de dollars avec la société sud-coréenne Daewoo pour créer l’infrastructure du port de Faw. Selon la société Tekntal, spécialisée dans la conception des services, le port pourrait accueillir des navires porte-conteneurs de nouvelle génération et comprendra un espace de stockage de containers de 2 millions de mètres carrés. De plus, une nouvelle voie navigable de 400 mètres de large et 24 kilomètres de long reliera le port aux eaux profondes.

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