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Canons anti-grêle en Gard : risques, nuisances et enjeux de sécurité

par Lea
France

À Vauvert, près de Nîmes, Pascal Pelorce, ingénieur des mines à la retraite devenu vigneron, conteste l’usage par l’exploitant arboricole voisin d’un équipement qu’il déclare être une installation industrielle. Le cœur de ses inquiétudes porte sur le stockage, au pied de canons anti-grêle d’une hauteur avoisinant les dix mètres, de bouteilles contenant de l’acétylène indispensable à leur fonctionnement. L’acétylène est décrit comme extrêmement inflammable et susceptible d’exploser spontanément sous l’effet de la chaleur ou d’une élévation de pression, même en l’absence d’oxygène.

En avril 2024, ce propriétaire de sept hectares de terres et sept hectares de vigne observe l’installation sans préavis de six canons anti-grêle par le voisin. Six autres auraient ensuite été installés dans un rayon de cinq kilomètres, à Gallician et sur la commune voisine de Beauvoisin.

Le débat porte sur le risque pour les personnes : l’efficacité des canons anti-grêle, souvent contestée scientifiquement, n’en demeure pas moins populaire chez certains agriculteurs qui les voient comme un moyen de préserver leur récolte. Fonctionnant par la détonation d’acétylène, ce dispositif sous pression projette une onde sonore verticale destinée à « éclater » les grêlons et à limiter les dommages une fois tombés au sol.

Au-delà des questions environnementales, Pelorce craint surtout qu’il ne s’agisse d’une véritable installation industrielle soumettant sa famille à un risque réel, et ce, dans un secteur qui échappe parfois au contrôle local. Le secteur autour de chez lui est classé Natura 2000 et abrite notamment des espèces sensibles.

À environ 500 mètres de sa propriété, des panneaux adhésifs colorés signalent la présence de matière explosive, d’un danger électrique et de produits inflammables fixes sur l’imposant canon blanc le plus proche. Dans le local voisin, huit bouteilles sous pression, visibles, contiennent chacune environ dix kilos d’acétylène, indispensable au fonctionnement du canon et qualifié par l’INRS d’« extrêmement inflammable » et capable « d’exploser spontanément » en cas de surchauffe ou d’élévation de pression.

Bouteilles d’acétylène stockées dans un local grillagé près d’un canon anti-grêle
Bouteilles d’acétylène stockées dans un local grillagé près d’un canon anti-grêle

Quand Pelorce s’est tourné vers les autorités locales, il a constaté que ni la police municipale ni la mairie n’étaient informées de l’installation ni du stock de matières dangereuses à proximité de son domicile. Ses démarches auprès de la préfecture, de la Dreal et d’associations de protection de l’environnement se sont heurtées à un silence qu’il décrit comme pesant.

Du côté de la mairie, Katy Guyot, première adjointe chargée de l’urbanisme, a indiqué qu’un recours avait été lancé pour obtenir une étude indépendante sur l’impact sonore et les risques associés, avec un délai de six mois pour la remise du document. En cas de risque avéré et d’absence de réponse, le maire envisagerait des actions juridiques.

Dans ce dossier, l’avocat du voisin rappelle que plusieurs canons anti-grêle existent dans le secteur et qu’une expertise est en cours pour déterminer l’existence d’un éventuel trouble du voisinage et, le cas échéant, son lien avec le canon du client. Selon lui, la sécurité d’un produit relève de son fabricant et non de son propriétaire.

Le dossier reste en attente en attendant des éléments techniques et juridiques qui pourraient éclairer les responsabilités et, potentiellement, les mesures à prendre pour limiter le risque encouru par les riverains.

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