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Colombie se prépare à un afflux de réfugiés vénézuéliens

par Sara

La Colombie se prépare à un afflux massif de réfugiés vénézuéliens après des frappes américaines au Venezuela et l’enlèvement présumé du président Nicolás Maduro, survenu samedi. Craignant une détérioration rapide de la situation, Bogota a annoncé des mesures militaires et humanitaires destinées à contenir une crise migratoire potentielle.

Renforcement militaire et état des lieux à la frontière

Le ministre de la Défense, Pedro Sánchez, a indiqué dimanche le déploiement de 30 000 soldats le long de la frontière avec le Venezuela pour renforcer la sécurité. Sur le pont international Simón Bolívar, qui enjambe le río Táchira à Cucuta, la circulation se déroulait normalement lundi malgré une présence militaire accrue, incluant plusieurs véhicules blindés M1117.

Cette mobilisation intervient alors que les tensions restent vives, le président des États-Unis ayant menacé de nouvelles frappes si la dirigeante intérimaire Delcy Rodríguez ne « se comporte pas ». Un calme précaire règne donc dans la région frontalière, mais les autorités se préparent à l’éventualité du pire.

Sánchez a précisé que les forces de sécurité étaient « activées » pour prévenir toute représaille de groupes armés, notamment l’Armée de libération nationale (ELN) et la Segunda Marquetalia, une dissidence des FARC. Historiquement, ces groupes ont profité de la frontière accidentée de 2 200 km pour le trafic de drogue et comme refuge face aux forces colombiennes.

Organisation des secours et centres d’accueil

Le gouvernement colombien a mis en place cinq postes de commandement d’urgence dans les villes proches de la frontière afin de coordonner la réponse face à un afflux attendu de réfugiés. Selon le ministre, ces postes permettent de coordonner en permanence les actions humanitaires, de sécurité et de contrôle territorial dans les zones les plus sensibles.

Le président Gustavo Petro a dépêché le ministre de l’Égalité et de l’Équité, Juan Carlos Florián, à Cucuta pour traiter les enjeux humanitaires. Florián a expliqué qu’un « plan frontalier » a été activé pour coordonner les différents services de l’État en prévision d’une crise migratoire liée à l’intervention militaire étrangère.

Avec l’appui de l’Organisation internationale pour les migrations, le gouvernement prévoit d’activer dix-sept centres à travers le pays pour aider les migrants et réfugiés en matière d’approvisionnement alimentaire, de santé, d’accès à l’éducation, de formation et d’emploi, ainsi que de prévention de la violence.

  • Approvisionnement alimentaire et soins de santé
  • Accès à l’éducation et formation professionnelle
  • Prévention de la violence et protection
  • Orientation vers l’emploi et soutien à l’intégration

Préparatifs des organisations humanitaires

Les organisations humanitaires se préparent également à une possible arrivée massive de réfugiés vénézuéliens. La Croix-Rouge colombienne, dans le département de Norte de Santander dont Cucuta est la capitale, a activé un plan d’intervention d’urgence.

Avec un fonds initial de 88 000 francs suisses provenant du Fonds central d’intervention d’urgence des Nations unies, l’organisation renforce ses capacités immédiates pour fournir une aide humanitaire de base aux personnes arrivant près de la frontière.

Juan Carlos Torres, directeur de la gestion des risques de catastrophe pour la Croix-Rouge locale, a déclaré qu’ils menaient des mesures préventives au niveau du pont Simón Bolívar : services d’ambulance, transport et protection. « Pour l’instant la situation est ‘normale’, mais elle peut évoluer dans les jours à venir », a-t-il averti.

Situation sur le terrain et perspectives

À ce stade, les autorités n’observent pas encore d’augmentation significative des traversées, mais elles estiment que jusqu’à 1,7 million de personnes pourraient rejoindre la Colombie en cas d’escalade. Le pays accueille déjà environ trois millions de réfugiés vénézuéliens, soit la plus grande population de la diaspora vénézuélienne.

Sur le pont Simón Bolívar, des familles continuent de circuler. Mary Esperaza, 50 ans, a traversé lundi après-midi et a confié qu’on attendait de voir l’évolution des événements. « Apparemment tout est calme, mais on ne sait pas ce qui se passera demain », a-t-elle dit.

Les autorités colombiennes assurent surveiller la situation de près et renforcent à la fois les dispositifs de sécurité et les capacités d’accueil humanitaire pour répondre rapidement si l’afflux de réfugiés vénézuéliens devait se matérialiser.

source:https://www.aljazeera.com/features/2026/1/6/colombia-prepares-for-refugee-influx-after-us-strikes-on-venezuela

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