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Indépendance des journalistes, transparence sur l’usage des IA et fatigue informationnelle constituent les constats de la 39e édition du baromètre publié par La Croix et La Poste. Selon cette enquête, les Français restent majoritairement critiques sur la couverture des grands sujets d’actualité, avec 61% qui indiquent ne pas leur faire confiance. Malgré tout, 71% s’intéressent à l’actualité et la proportion de personnes qui s’informent reste élevée, même si l’intérêt a reculé d’environ cinq points par rapport à l’année précédente. La fatigue informationnelle touche 47% des répondants, en légère baisse par rapport à 2024.
Des niveaux de confiance qui dépendent des médias et des opinions
La confiance dans les médias n’est pas uniforme: elle varie selon le média et l’orientation politique des répondants. Les plus méfiants sont les partisans du Rassemblement national, à 66%. Ceux qui n’ont pas de préférence politique affichent également une défiance marquée. À l’inverse, les sympathisants de Renaissance et des Républicains se situent parmi ceux qui font le plus confiance, avec un taux d’approbation proche de 50%.
Les proches et les médias traditionnels comme premiers repères
Pour s’informer, les répondants accordent d’abord leur confiance à leur entourage. Viennent ensuite les journaux télévisés, dont 65% font confiance aux informations diffusées. Un peu plus d’un sondé sur deux fait confiance aux journaux d’information à la radio, mais ce chiffre est en recul d’environ six points par rapport à l’année précédente.
Crédibilité des experts et émergence des IA
La crédibilité accordée aux experts universitaires et scientifiques chute légèrement, de 7 points cette année: un peu plus de la moitié des Français leur font encore confiance. Pour la première fois, l’étude mesure la confiance envers les intelligences artificielles comme source d’information: 28% des répondants les font confiance, et 40% parmi les utilisateurs de ces outils.
Le rôle des leviers de crédibilité et les attentes vis-à-vis des médias
Pour renforcer leur crédibilité, les sondés plaident pour garantir la véracité des informations, assurer l’indépendance et la neutralité des journalistes et des rédactions, et être transparents sur le financement et sur l’usage de l’intelligence artificielle. La séparation entre information et opinion et la transparence sur les procédés technologiques apparaissent aussi comme des leviers capables de renforcer la confiance. En clair, les répondants attendent des médias qui privilégient les faits plutôt que les opinions.
Perception des journalistes et image du secteur
Le baromètre révèle une image globalement négative des journalistes: plus de la moitié des sondés estiment qu’ils bénéficient d’un privilège et qu’ils sont éloignés des préoccupations du public. 46% considèrent qu’ils ne sont pas indépendants.
Un réflexe de méfiance et des échanges avec les professionnels
Lors d’un entretien, Guillaume Caline, directeur des enjeux publics et opinion chez Verian France et coordonnateur du 39e baromètre avec La Croix, confirme ce réflexe de méfiance historique envers le traitement médiatique des grands sujets. Il rappelle que la défiance est particulièrement associée à l’institution médiatique, et que l’on observe parfois une confiance plus élevée lorsque l’on s’intéresse aux médias les plus consultés.
Par ailleurs, l’étude souligne que 54% des personnes interrogées accordent leur confiance aux chercheurs et scientifiques, mais ce chiffre enregistre un recul de sept points par rapport à l’année précédente. Cette évolution suscite des questionnements sur une défiance perçue envers les institutions dans leur ensemble. L’analyse rappelle toutefois que la confiance dans les médias reste majoritairement conditionnée par la proximité et par la fiabilité perçue des informations essentielles, même si la perception générale demeure mitigée.