Accueil ActualitéCoup d’État au Bénin: deux hauts gradés libérés et calme retrouvé

Coup d’État au Bénin: deux hauts gradés libérés et calme retrouvé

par charles
Bénin

Plusieurs sources militaires confirment que, durant la nuit du 7 au 8 décembre 2025, le chef d’état-major de l’armée de terre, le général Abou Issa, et le chef d’état-major de la garde nationale, Faïzou Gomina, ont été libérés par l’armée béninoise. Selon notre correspondant à Cotonou, Jean-Luc Aplogan, ils se trouvent désormais dans le nord du pays et devraient rejoindre Cotonou ce lundi. La capitale économique est sortie de la période d’incertitude avec des rues rouvertes progressivement et une circulation qui reprenait ce lundi matin.

À Cotonou et dans le nord du Bénin, libérations et calme retrouvé

Des informations concordantes indiquent que deux hauts gradés béninois ont été libérés dans la nuit de dimanche à lundi: le chef d’état-major de l’armée de terre, le général Abou Issa, et le chef d’état-major de la garde nationale, Faïzou Gomina. « Ils sont tous les deux libres », a déclaré une source proche du dossier. Le nombre de mutins encore retranchés restait inconnu lundi matin. Selon une source militaire interrogée par l’AFP, le leader des mutins, le lieutenant-colonel Pascal Tigri, est en fuite.

Dans son allocution dimanche soir, Patrice Talon a affirmé: « Nous avons fait front, repris les positions jusqu’à nettoyer les dernières poches de résistance des mutins », et a ajouté: « Cette forfaiture ne restera pas impunie ». La situation dans la base de la Garde nationale et sur les axes entourant le palais était encore incertaine, avec des routes partiellement fermées et des blindés visibles le long du boulevard de la Marina. Des sources militaires avaient indiqué à l’AFP qu’une douzaine de mutins avaient été arrêtés; le chiffre exact restait en suspens lundi. Selon une source proche du dossier, leur leader, le lieutenant-colonel Pascal Tigri, est en fuite.

Aux alentours de la base de la Garde nationale, la route n’était plus barrée et deux chars stationnaient; dans le reste de la capitale économique, d’autres chars étaient visibles et certains itinéraires se libéraient progressivement. La plupart des journaux béninois ont évoqué la journée, avec des titres comme « La situation est totalement sous contrôle, rassure Patrice Talon » ou « Une tentative de coup d’État déjouée », selon les éditions consultées par l’AFP.

Porte et militaires près du palais à Cotonou après les événements
Porte et militaires près du palais à Cotonou après les événements.

Réactions internationales et implications régionales

La communauté internationale a réagi rapidement. L’ONU a déclaré être « profondément préoccupé par la tentative inconstitutionnelle de prise de pouvoir au Bénin ». L’Union africaine et la Cédéao ont condamné l’événement et la Cédéao a annoncé l’envoi de renforts militaires: elle a prononcé le « déploiement immédiat » de troupes du Nigeria, de la Sierra Leone, de la Côte d’Ivoire et du Ghana pour soutenir « le gouvernement et l’armée républicaine » et préserver l’ordre constitutionnel.

Dimanche et lundi, le Nigeria a mené des frappes à Cotonou et a envoyé des troupes au sol, dans le cadre d’une intervention régionale soutenue par la Cédéao. Une réunion était prévue lundi à Abidjan pour faire le point sur la situation. Le Nigeria, la Sierra Leone, la Côte d’Ivoire et le Ghana ont été mobilisés selon les informations relayées par l’organisation ouest-africaine; l’ONU, la France et l’Union africaine ont également condamné le coup d’État.

Patrice Talon, au pouvoir depuis 2016, arrivera en 2026 au terme de son second mandat, le maximum autorisé par la constitution. Son dauphin désigné, Romuald Wadagni, est présenté comme l’ultra-favori pour la présidentielle d’avril 2026; toutefois, le principal parti d’opposition, Les Démocrates, a été exclu de la course et a publié un communiqué dénonçant les violences et appelant au dialogue: « rejeter toute prise du pouvoir par les armes et condamne avec la dernière rigueur ces actes qui n’honorent pas notre pays ». Les analyses soulignent les défis démocratiques et la sécurité dans le nord du pays, encore affecté par des violences jihadistes par le passé.

Vue des rues et véhicules militaires près du palais présidentiel à Cotonou
Vue des rues et véhicules militaires près du palais présidentiel à Cotonou.

Contexte politique et perspectives pour le Bénin

Le président Patrice Talon, en place depuis 2016, doit quitter le pouvoir en 2026 au terme de son deuxième mandat, selon la Constitution. Le nominé pour sa succession, l’actuel ministre des Finances Romuald Wadagni, est perçu comme l’ultra-favori pour l’élection d’avril 2026; toutefois, le principal parti d’opposition, Les Démocrates, a été exclu de la course et a publié un communiqué dénonçant les violences et appelant au dialogue: « rejeter toute prise du pouvoir par les armes et condamne avec la dernière rigueur ces actes qui n’honorent pas notre pays ». Les analyses soulignent les défis démocratiques et la sécurité dans le nord du pays, encore affecté par des violences jihadistes par le passé.

Les observateurs soulignent que la stabilité et le respect des institutions seront déterminants dans les mois qui viennent. Le gouvernement béninois affirme privilégier le dialogue et la continuité des réformes économiques, alors que les tensions autour de l’élection prochaine restent un sujet d’attention pour la population et les partenaires internationaux.

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