Table of Contents
Le président sud-coréen, Yoon Suk Yeol, a décrété la loi martiale ce mardi, une mesure d’urgence qui a été révoquée deux heures et demie plus tard par le Parlement, aux alentours de 0h30 (18h30, heure espagnole). Voici un aperçu des événements récents survenus en Corée du Sud.
Pourquoi le président a-t-il déclaré la loi martiale ?
Cette mesure a été prise en réponse à un conflit avec l’opposition au sujet des budgets. La décision est intervenue peu après que le principal parti d’opposition, le Parti Démocratique (PD), majoritaire au Parlement, a approuvé rapidement un projet de loi de budget réduit et a présenté des motions de destitution contre le chef de l’audit d’État et plusieurs procureurs.
Yoon Suk Yeol a qualifié l’opposition de « forces antiétatiques qui tentent de renverser le régime », ajoutant que « l’Assemblée nationale agit comme un monstre déterminé à détruire la démocratie libérale ».
Quelles implications a la loi martiale en Corée du Sud ?
La Constitution sud-coréenne permet au président de décréter la loi martiale pour des « besoins militaires » ou pour « maintenir la sécurité et l’ordre public », mais stipule également que le président doit informer l’Assemblée de cette décision.
La loi martiale prohibe spécifiquement toutes les activités politiques, y compris celles de l’Assemblée nationale, des municipalités, des partis politiques, des associations politiques, ainsi que les rassemblements et manifestations. Elle interdit également toute tentative de renversement du système libéral-démocratique, et tous les médias doivent se conformer au contrôle du Commandement de la Loi Martiale.
Enfin, la loi prohibe les grèves, les arrêts de travail et les manifestations qui pourraient inciter au désordre social.
Quelles sont les conséquences en cas d’infraction ?
Les infracteurs de cette proclamation risquent d’être arrêtés, détenus et fouillés sans mandat judiciaire conformément à l’article 9 de la Loi Martiale de la République de Corée. Ils seront punis selon l’article 14 de cette même loi.
Le Parlement sud-coréen peut-il annuler cette mesure ?
Selon l’article 77 de la Constitution, si le Parlement le demande par majorité, le président doit revenir en arrière sur sa décision. Les députés ont voté contre la loi martiale lors d’une session extraordinaire, marquée par des scènes de chaos tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du siège de l’organe législatif principal de la Corée du Sud.