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Fille de Jacob Zuma démissionne après enquête sur mercenaires

par Sara
Afrique du Sud, Russie, Ukraine

Duduzile Zuma-Sambudla a présenté sa démission du Parlement sud-africain vendredi, alors que la police a annoncé l’ouverture d’une enquête la visant pour son rôle présumé dans le recrutement de Sud-Africains destinés à combattre en Russie dans le conflit en Ukraine.

Les autorités enquêtent après que 17 hommes, âgés de 20 à 39 ans, se sont retrouvés sur les lignes de front dans la région du Donbass, selon les informations communiquées aux autorités. La démission intervient au moment où la polémique s’intensifie et où des familles réclament le rapatriement des personnes coincées.

Démission et position du parti MK

Duduzile Zuma-Sambudla siégeait au Parlement depuis juin 2024 pour uMkhonto weSizwe (MK), parti d’opposition créé par son père, l’ancien président Jacob Zuma, après son exclusion de l’African National Congress.

Le président national du MK, Nkosinathi Nhleko, a déclaré lors d’une conférence de presse que :

  • les dirigeants nationaux ont accepté la décision de Duduzile Zuma-Sambudla de démissionner ;
  • la démission est volontaire et prend effet immédiatement, incluant son départ de l’Assemblée nationale et de toutes fonctions publiques ;
  • le parti affirme ne pas avoir participé au recrutement et précise que la démission n’est pas une reconnaissance de culpabilité ;
  • MK soutiendra les familles des hommes bloqués en Ukraine pour faciliter leur retour.

Zuma-Sambudla était présente à la conférence mais n’a pas pris la parole et n’a pas publiquement réagi aux accusations formulées par sa demi-sœur.

Accusations et enquête policière

La police a annoncé qu’elle enquêtait après une plainte formelle déposée par Nkosazana Bonganini Zuma-Mncube, demi-sœur de Zuma-Sambudla. Selon l’affidavit, Zuma-Sambudla et deux autres personnes ont attiré les Sud-Africains sous le prétexte de contrats d’emploi lucratifs et de formation sécuritaire en Russie.

Les éléments allégués dans la plainte indiquent que :

  • les recrues auraient été confiées à un groupe de mercenaires russes et forcées de combattre dans le conflit ;
  • huit des 17 hommes seraient des membres de la famille élargie des deux sœurs ;
  • l’identité des deux autres personnes mentionnées dans l’affidavit n’a pas été clarifiée publiquement.

Les enquêteurs cherchent notamment à déterminer comment ces hommes ont été recrutés, qui était impliqué et quelles promesses leur ont été faites.

Appels au rapatriement et réactions diplomatiques

Le porte-parole de la présidence sud-africaine, Vincent Magwenya, a indiqué que le gouvernement avait reçu des « appels de détresse » de la part du groupe et qu’il travaillait discrètement à tous les niveaux pour assurer leur retour en toute sécurité.

Parallèlement, plusieurs pays ont dénoncé le recrutement de leurs citoyens pour combattre à l’étranger. La Jordanie, par exemple, a condamné ces recrutements après la mort de deux ressortissants et a annoncé prendre toutes les mesures nécessaires pour y mettre fin.

Selon des chiffres cités par des responsables ukrainiens, Moscou aurait recruté des dizaines de milliers de combattants étrangers :

  • environ 18 000 combattants étrangers issus de 128 pays ;
  • près de 3 400 étrangers seraient morts en combattant aux côtés des forces russes.

Contexte politique et conséquences judiciaires

Duduzile Zuma-Sambudla est une figure politique controversée en Afrique du Sud. Outre cette affaire de recrutement allégué, elle est déjà poursuivie pour des faits liés aux violences de 2021 dans le pays, des événements qui ont causé des centaines de morts.

Elle a nié tout acte répréhensible dans l’affaire des troubles de 2021 et a plaidé non coupable aux accusations d’incitation à la violence via des publications sur les réseaux sociaux.

Duduzile Zuma-Sambudla apparaissant devant un tribunal à Durban en novembre 2025
Duduzile Zuma-Sambudla, lors d’une audience au tribunal de Durban, Afrique du Sud, le 11 novembre 2025.

L’affaire soulève des questions sur le trafic de recrues, la responsabilité politique et l’ampleur des réseaux impliqués dans l’envoi de mercenaires à l’étranger. Les enquêtes en cours devront établir les responsabilités et permettre, si possible, le retour en sécurité des ressortissants sud-africains impliqués.

source:https://www.aljazeera.com/news/2025/11/29/s-african-ex-leader-zumas-daughter-quits-parliament-over-russia-war-claims

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