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Gaza : la « phase deux » du cessez-le-feu reste hors de portée

par Sara
Palestine, Israël, États-Unis

Washington a annoncé une « phase deux » du cessez-le-feu et a présenté un nouveau « conseil de la paix » chargé d’encadrer la gestion quotidienne d’un Gaza d’après-guerre. Mais sur le terrain, dans la bande de Gaza, ces annonces sonnent creux : la majorité des habitants ne ressentent aucun changement tangible et restent sceptiques quant à la portée réelle de ces mesures.

Annonces et réalité contradictoires

Les déclarations officielles ont succédé aux unes en l’espace de quelques heures : un émissaire américain évoquant une « phase deux », puis la Maison-Blanche dévoilant les membres d’un conseil censé piloter la reconstruction. À sa tête figure le Dr Ali Shaath, présenté comme un technocrate apte à coordonner la reprise.

Sur le papier, on voit une architecture et une feuille de route. En pratique, beaucoup de Palestiniens peinent à comprendre comment un organe de reconstruction peut inclure des personnalités perçues comme favorables à Israël, alors que la destruction et l’impunité sont omniprésentes.

Des ruines et une confiance érodée

Les bâtiments restent en ruines, des familles pleurent encore leurs morts et des quartiers entiers ont disparu. Dans ce contexte, parler de gouvernance future apparaît souvent déconnecté de la souffrance quotidienne.

Les habitants montrent une défiance alimentée par des promesses non tenues et des échéances sans cesse reportées. Appeler cela « phase deux » n’apaise pas la douleur ni ne garantit davantage de sécurité.

La vie quotidienne reste marquée par la peur

Pour beaucoup, la vie est toujours rythmée par le bourdonnement des drones et les frappes aériennes sporadiques. Les parents s’inquiètent encore de savoir où leurs enfants passeront la nuit, et les travailleurs humanitaires planifient leurs trajets en fonction des routes les moins dangereuses.

Le silence d’un soir, l’absence d’un réveil brutal par les explosions, voilà ce qui matérialise une trêve pour les populations — pas les communiqués officiels ou les étiquettes diplomatiques.

La confiance, condition de toute avancée

Après des mois de pertes et d’épuisement, l’espoir devient fragile. Quand les mots officiels ne trouvent pas d’écho dans la réalité, les attentes s’amenuisent et la confiance se délite. Annoncer des avancées avant que la population ne puisse les ressentir ne fait qu’aggraver ce scepticisme.

Pour que la « phase deux » ait un sens, elle doit se traduire par des changements palpables : moins d’obsèques, des hôpitaux qui fonctionnent, des routes sûres et des nuits sans peur. Ce sont ces gestes ordinaires qui instaurent une paix durable, pas seulement un nouveau stade annoncé par la diplomatie.

Jusqu’à l’apparition de ces améliorations concrètes dans le quotidien, la « phase deux » restera pour beaucoup un symbole éloigné de leur réalité — insuffisant pour protéger ou rassurer des vies encore suspendues au fil d’une trêve fragile.

source:https://www.aljazeera.com/news/2026/1/20/gazas-phase-two-from-a-distance-why-hope-still-feels-out-of-reach

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