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    Journalistes palestiniens dénoncent torture et négligence en prison

    Palestine, Israël

    Des journalistes palestiniens libérés dénoncent des sévices et une négligence médicale systématique dans les prisons israéliennes, après des cas récents ayant entraîné des hémorragies, des infections non traitées et des séquelles durables. Les familles et les ex-détenus font état de mauvais traitements physiques, d’abandon médical et d’une dégradation sanitaire généralisée au sein des établissements carcéraux.

    Un retour à la liberté interrompu par un AVC

    La famille du journaliste et ancien détenu Muhajed Bani Mufleh, 35 ans, raconte la scène tragique suivant sa libération : un seul jour de liberté avant un grave saignement cérébral qui l’a plongé dans le coma et a nécessité une opération d’urgence. Arrêté six mois auparavant en bonne santé, il est revenu à la maison amaigri d’environ 25 kilogrammes, affaibli physiquement et psychologiquement.

    Son frère décrit des signes d’hypothermie sévère au moment de l’exfiltration : tremblements, difficulté à parler et vêtements légers malgré le froid. Il affirme que Muhajed avait été laissé à l’air libre pendant plusieurs heures avant d’être relâché tard dans la nuit, sans protection adéquate.

    Les proches relient l’incident au cumul des mauvais traitements subis en détention, notamment des passages à tabac concentrés sur la région thoracique durant les premières semaines d’arrestation. Ces agressions, expliquent-ils, ont provoqué des douleurs et des épisodes d’étouffement ayant conduit à une hospitalisation en détention.

    Défaillance des soins et maladies négligées

    Selon la famille, les médecins qui ont examiné Muhajed ont évoqué la présence d’une malformation vasculaire cérébrale congénitale. L’hypothèse est que la montée soudaine de la pression artérielle, déclenchée par le stress et les conditions carcérales, a provoqué la rupture et le saignement. Avant son arrestation, Muhajed souffrait de diabète de type 2 mais n’avait jamais été hypertendu.

    Ce cas s’ajoute à d’autres témoignages récents d’anciens détenus, qui décrivent une prise en charge médicale tardive ou insuffisante. Les maladies cutanées, les abcès, la gale et des infections respiratoires se propagent rapidement en raison de la promiscuité, du froid et de l’absence d’hygiène adéquate.

    • traitements retardés ou limités (quantités insuffisantes de médicaments);
    • accès restreint aux consultations spécialisées, notamment dentaires;
    • conditions d’hygiène dégradées : humidité, fuites d’eau, sanitaires dans les cellules.

    Récit d’un journaliste blessé et d’infections ignorées

    Un autre journaliste récemment libéré, Samer Khweira, témoigne d’une infection de la peau contractée en détention et non traitée pendant des mois. Atteint de gale à la mi-septembre, il n’a été conduit en consultation qu’en décembre, soit environ trois mois après l’apparition des symptômes.

    Le traitement reçu était, selon lui, dérisoire : une unique pommade et une petite quantité d’antibiotiques, loin de couvrir les besoins réels. Il assure que la maladie s’est aggravée en raison du manque d’hygiène collective et d’une « politique médicale » consistant à retarder ou limiter les soins.

    Khweira décrit également des douleurs dentaires intenses et un accès quasi impossible aux soins bucco-dentaires, obligeant nombre de détenus à supporter la souffrance plutôt que d’affronter des procédures humiliantes pour obtenir une consultation.

    Conséquences sanitaires et préoccupations des organisations

    Les anciens détenus mettent en avant des conditions propices aux épidémies : surpopulation, partage de literie et de vêtements, humidité due aux sanitaires intégrés aux cellules et manque d’entretien. Ces facteurs favorisent la diffusion de maladies contagieuses et multiplient les complications chez les malades chroniques.

    Après leur sortie, beaucoup d’anciens détenus continuent un long parcours de soins. Certains décrivent la nécessité de traitements multiples et prolongés pour soigner des plaies, des infections et des troubles causés ou aggravés en détention. La peur de transmettre ces maladies à leurs proches ajoute une dimension psychosociale au traumatisme.

    Des organisations de défense des droits humains alertent sur ce qu’elles qualifient de « mort lente » due à la négligence médicale dans les prisons, transformant certains établissements en véritables « fosses » sanitaires. Elles dénoncent l’absence de réponses médicales adéquates et réclament une prise en charge immédiate et transparente des détenus malades.

    Chiffres et mémoire

    Selon les relevés d’institutions locales qui suivent la question des prisonniers, le nombre de morts au sein du mouvement des détenus depuis 1967 s’élèverait à plusieurs centaines, dont de nombreux cas récents attribués à la torture, à la négligence médicale et à la privation. Ces bilans incluent aussi des personnes décédées dans des camps où leurs identités n’auraient pas été révélées à ce jour.

    Ces données nourrissent l’inquiétude quant à l’ampleur réelle d’une crise sanitaire et humanitaire derrière les murs des établissements pénitentiaires, et relancent les appels en faveur d’enquêtes indépendantes et d’un accès effectif aux soins pour tous les détenus.

    source:https://www.aljazeera.net/politics/2026/1/20/%d8%b4%d9%87%d8%a7%d8%af%d8%a7%d8%aa-%d8%b5%d8%ad%d9%81%d9%8a%d9%8a%d9%86-%d9%85%d8%ad%d8%b1%d8%b1%d9%8a%d9%86-%d8%b9%d9%86-%d8%a7%d9%84%d8%aa%d8%b9%d8%b0%d9%8a%d8%a8

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