Du 5 au 15 janvier, les cabinets médicaux tournent au ralenti. À Marseille comme dans d’autres régions, les consultations non urgentes sont reportées et les patients sont invités à anticiper leurs ordonnances. Au cœur du conflit, un article du PLFSS qui autoriserait l’Assurance-maladie à réviser unilatéralement les tarifs des actes « trop rentables », remettant en cause une négociation conventionnelle vieille de cinquante ans. Un autre projet prévoit une surcotisation sur les honoraires des praticiens en secteur 2 et 3. Pour les syndicats, il s’agit d’une « attaque frontale contre la médecine libérale ».
Dans le viseur, la loi antifraude. « On nous impose des quotas de prescriptions et des objectifs de contrôle des arrêts maladie, des bons de transport ou des ordonnances, basés sur des statistiques globales et non sur la réalité des patientèles. On nous retire notre indépendance de prescription. C’est la chasse aux sorcières », déclare Élodie Le Buzullier, secrétaire générale de Médecins pour demain. Elle évoque des pénalités pour non-remplissage du Dossier médical partagé, jusqu’à €10 000 d’amende, même si la mesure a été retoquée par le Conseil constitutionnel.
Sept organisations représentatives, dont MG France, la CSMF et le SML, appellent à ne pas signer les contrats France Santé et à multiplier les actions. « On est sur 70 à 80 % de mobilisation, certains se mettent en grève, d’autres jusqu’à deux semaines », assure Élodie Le Buzullier. Une manifestation nationale est prévue le 10 janvier à Paris. D’ici là, les patients devront composer avec des annulations massives et se tourner vers les urgences.