Pour l’ancien diplomate américain Alan Eyre, l’Iran se prépare à une confrontation durable avec les États-Unis et l’État sioniste. Son analyse place le détroit d’Ormuz au centre de la stratégie de dissuasion de Téhéran.
Cette lecture, formulée dans un entretien, ne décrit pas une négociation en cours : Eyre estime au contraire qu’aucun signe sérieux ne permet d’anticiper un règlement politique ou nucléaire durable à ce stade.
Une analyse fondée sur l’absence de négociation durable
Eyre considère que les nominations militaires iraniennes récentes, dont celle de Mohsen Rezaï à la tête du Conseil suprême de sécurité nationale, prolongent une orientation déjà engagée après l’attaque du 28 février. Il n’y voit pas un changement stratégique brutal, mais une réorganisation des centres de décision par la nouvelle direction iranienne.
Il juge également que Washington comme Téhéran maintiennent des exigences élevées et privilégient encore les messages publics et les déclarations fermes. Dans cette appréciation, les conditions ne sont pas réunies pour ouvrir des négociations nucléaires substantielles et continues.
Ormuz comme levier de dissuasion
L’ancien diplomate présente le contrôle opérationnel iranien du détroit comme un levier stratégique, mais aussi comme un instrument susceptible d’avoir un usage économique. Il évoque un accord entre Oman et l’Iran sur les modalités de gestion du passage, dont la mise en œuvre dépendrait de mesures attendues de Washington.
Dans le scénario qu’il juge le plus plausible, le détroit pourrait connaître une réouverture partielle tout en restant sous contrôle iranien. Il estime peu probable un retour rapide à la circulation antérieure, évaluée dans l’entretien à environ 130 navires par jour.
Les séquences citées dans l’entretien
Le texte situe le début de la guerre entre les États-Unis, l’État sioniste et l’Iran au 28 février. Il rappelle ensuite une reprise des attaques américaines entre le 8 et le 24 juillet, suivie de frappes iraniennes contre des installations et équipements militaires américains dans des pays arabes.
Un mémorandum d’entente sur la liberté de navigation avait été signé le 18 juin entre Washington et Téhéran. Les divergences relatives à la sécurité du détroit ont ensuite empêché son aboutissement, tandis que les discussions sur des couloirs sûrs pour les navires ont repris.
