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Iran avertit : répression des manifestations alors qu’Israël menace

par Sara
Iran, Israël, États-Unis

Les autorités iraniennes ont averti qu’elles riposteront fermement contre toute manifestation anti‑régime, alors que les États‑Unis et Israël intensifient leurs menaces contre les forces paramilitaires Basij liées aux Gardiens de la révolution (IRGC). Cet avertissement intervient au moment où responsables israéliens et américains affichent leur volonté de voir l’ordre théocratique iranien renversé, appelant les Iraniens à rester vigilants et prêts à « saisir l’instant ». Ces développements ravivent les tensions après plusieurs mois de contestation et d’affrontements violents.

Menaces et posture des forces de l’ordre

Le chef de la police, Ahmad‑Reza Radan, a déclaré à la télévision d’État que quiconque descendra dans la rue « au service de l’ennemi » ne sera pas considéré comme un simple manifestant, mais comme un ennemi à traiter comme tel. Il a ajouté que « tous nos hommes sont prêts, le doigt sur la détente », pour protéger la révolution et soutenir le pays.

Depuis les dernières vagues de contestation, la police et les Basij patrouillent « jour et nuit » dans Téhéran et d’autres villes, selon les autorités. Des barrages lourdement armés sont régulièrement installés, souvent sur les axes menant aux sièges locaux de la police, de l’IRGC et d’autres forces armées.

Mobilisations pro‑régime et images de rue

Des images diffusées par les médias d’État ont montré des véhicules blindés et des agents cagoulés participant à des rassemblements pour réclamer vengeance après des frappes et pour dissuader tout sentiment anti‑establishment. Parallèlement, des séquences montrent des Basij armés brandissant des fusils d’assaut et scandant des slogans anti‑américains et anti‑israéliens à l’intérieur de mosquées, les autorités appelant leurs partisans à se regrouper dans ces lieux.

Escalade des menaces américaines et israéliennes

Le ton des responsables israéliens et américains est monté d’un cran, certains appelant ouvertement au changement de régime. Un porte‑parole de l’armée israélienne s’est adressé en farsi aux mères de jeunes recrues des Basij et de l’IRGC, les exhortant à convaincre leurs fils de déposer les armes pour les protéger d’éventuelles frappes ciblées.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a assuré au peuple iranien que des conditions seraient créées « dans les jours à venir » pour qu’ils puissent « saisir leur destin », une affirmation qui entretient l’idée d’une pression accrue visant les structures du pouvoir iranien.

Attaques récentes à Téhéran et nouvelles cibles

Des images d’un quartier de l’est de Téhéran ont montré un véhicule en mouvement frappé par une explosion en pleine journée. Les médias proches de l’État ont fait état de plusieurs civils tués et de blessés, sans fournir de détails complets sur les circonstances.

Dans une première, un bâtiment administratif de la Bank Sepah — qui gère notamment des comptes des forces armées — a également été la cible d’une attaque par missile dans la nuit. Un journaliste d’État présent sur place a évoqué un nombre « très élevé » de victimes et rapporté que du personnel travaillait en heures supplémentaires pour traiter des salaires, alors que le fonctionnement des banques reste très limité en journée.

Après cette attaque liée à une institution financière, le QG Khatam al‑Anbiya de l’IRGC a déclaré que la portée des opérations iraniennes s’était élargie pour viser des intérêts bancaires et économiques américains et israéliens dans la région.

Bilan humain, coupures d’Internet et contrôle de l’information

Les autorités iraniennes affirment que la plupart des plus de 1 250 personnes mortes depuis le début du conflit sont des civils, dénonçant l’impact des raids israélo‑américains sur des résidences, hôpitaux, écoles et sites historiques. De leur côté, les forces israéliennes ont déclaré avoir éliminé plus de 1 900 personnels et commandants militaires, sans commenter le nombre de victimes civiles : les bilans restent donc très divergents.

Le pays vit par ailleurs sa deuxième guerre en moins d’un an pour une population de plus de 90 millions d’habitants. Les autorités ont imposé une coupe quasi totale de l’accès à Internet depuis plusieurs jours, laissant fonctionner une intranet destiné à maintenir les services essentiels et à permettre aux médias d’État de contrôler le flux d’information.

Répression politique et menaces à l’étranger

Au plan intérieur, la colère et les avertissements s’étendent aussi aux Iraniens perçus comme favorables aux puissances étrangères ou à l’opposition. Un présentateur de télévision d’État a qualifié des membres de l’équipe féminine de football de « traîtres » pour avoir refusé d’interpréter l’hymne national ; plusieurs joueuses ont depuis obtenu l’asile à l’étranger.

Un autre animateur a lancé des menaces plus larges contre les opposants, y compris ceux vivant à l’étranger et soutenant des figures comme Reza Pahlavi. Les autorités judiciaires ont annoncé des mesures visant à confisquer des biens d’opposants expatriés, tandis que la rhétorique officielle évoque la mise au pas des « idées folles » présentées comme favorables à la « domination mondiale et au libéralisme » occidental.

Obsèques et poursuite des hostilités

À Téhéran et dans d’autres villes, des cortèges funèbres ont été organisés pour des commandants tués durant le conflit, les autorités mettant en scène ces cérémonies pour galvaniser le soutien. Des frappes aériennes ont été rapportées à nouveau dans la capitale dans l’après‑midi, témoignant d’une situation qui reste très volatile.

Alors que les tensions internationales s’enveniment et que la répression intérieure s’intensifie, les protestations en Iran continuent d’alimenter un climat d’incertitude profonde pour la population civile.

source:https://www.aljazeera.com/news/2026/3/12/irans-authorities-warn-against-protests-as-israel-threatens-basij-forces

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