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Le négociateur en chef iranien Abbas Araghchi est arrivé à Genève pour une deuxième ronde cruciale de négociations nucléaires Iran États-Unis, destinée à désamorcer les tensions et à prévenir une confrontation militaire régionale. Sur X, il a déclaré : « Je suis à Genève avec des idées concrètes pour parvenir à un accord juste et équitable. Ce qui n’est pas sur la table : la soumission face aux menaces. »
Objectifs et calendrier des pourparlers
Les discussions, qualifiées de haute importance par les médias internationaux, cherchent à relancer un dialogue interrompu depuis le récent conflit qui a ravivé la méfiance entre Téhéran et Washington. Les médiateurs tentent d’empêcher que l’escalade ne dégénère en un affrontement plus large dans la région.
Araghchi a annoncé que son équipe d’experts nucléaires prévoit « une discussion technique approfondie ». Il devrait également rencontrer son homologue omanais, Badr bin Hamad al-Busaidi, qui a joué un rôle de médiateur lors de la première série d’échanges.
Le rôle et les demandes de l’AIEA
Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a rencontré Araghchi à Genève pour aborder l’accès aux installations nucléaires iraniennes touchées par des frappes durant le conflit de juin.
L’AIEA insiste pour pouvoir inspecter des sites contenant de l’uranium hautement enrichi désormais enfoui sous des décombres, mais Téhéran signale des risques radiologiques et demande la mise en place d’un protocole officiel avant toute opération inédite d’expertise.
Un porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien a reconnu que l’AIEA pourrait jouer « un rôle important » dans les pourparlers, tout en renouvelant des critiques envers le directeur pour son refus de condamner certaines frappes sur des sites protégés par les accords de non-prolifération.
Pressions militaires et manœuvres en mer
Concomitamment aux négociations, les États-Unis ont renforcé leur présence navale dans la région, déployant notamment un deuxième porte-avions. Cette montée en puissance s’inscrit dans un contexte de forte tension et de discours belliqueux de la part de responsables américains.
En réaction, l’Iran a annoncé le lancement d’exercices militaires de grande envergure dans le détroit d’Hormuz, selon les médias d’État. Selon ces mêmes sources, les manœuvres sont supervisées par la direction du Corps des Gardiens de la Révolution, qui veut montrer sa capacité de riposte face à toute menace.
Lignes rouges et points de friction
Téhéran a réitéré qu’il refusait toute exigence américaine d’abandon total de l’enrichissement nucléaire, et considère son programme de missiles comme une « ligne rouge » non négociable. Ces positions compliquent les chances d’un accord rapide.
Par ailleurs, des parlementaires hardliners mettent en garde contre toute concession perçue comme une faiblesse. Lors d’une session publique, le député Hamid Rasaei a mis en garde le chef de la sécurité, appelant à garantir d’abord l’intégrité territoriale et la sécurité des sites et des scientifiques avant d’autoriser des inspections internationales : « Dans les conditions actuelles, ces garanties ne peuvent être réunies », a-t-il affirmé.
Contexte intérieur et enjeux diplomatiques plus larges
Ces pourparlers interviennent également quelques semaines après la répression meurtrière des manifestations nationales en Iran. Les Nations unies et plusieurs organisations de défense des droits humains ont accusé les autorités d’un usage excessif de la force ayant entraîné la mort de milliers de manifestants.
Sur un autre front diplomatique, une voie distincte engagée en Suisse vise à explorer des pistes pour mettre fin au conflit en Ukraine, sans percée immédiate. Le président ukrainien a récemment souligné que Kyiv avait trop souvent été invité à faire des concessions, ce qui complique toute dynamique de règlement.
Au final, malgré l’espoir affiché par les protagonistes, aucun progrès décisif n’apparaît encore à l’horizon et la suite des échanges à Genève sera scrutée de près par les acteurs régionaux et internationaux.